Comprendre

Le phylloxéra, ce puceron qui a redéfini le vignoble

Comment un puceron microscopique a pu ravager des millions d’hectares de vignes, redessiner entièrement le vignoble européen et fédérer les acteurs du secteur à travers le monde ? Apprenez tout du phylloxéra et de son impact sur la viticulture telle que vous la connaissez aujourd’hui.

Une attaque surprise…

L’histoire qui lie ce petit insecte à nos vignes commence dans les années 1860 lorsqu’on en détecte les premiers signes. Et personne n’imaginait alors l’envergure que prendrait cette invasion. En effet, appartenant à la famille des pucerons et originaire d’Amérique du Nord, il ne causa pas beaucoup d’inquiétude lors de son arrivée chez nous. Et pourtant, porté par le vent, il ne lui a fallu que quelques années pour décimer la majorité des vignobles français et avoisinants.

Les techniques déjà maîtrisées par les viticulteurs n’avaient aucun impact sur lui. Ils ont essayé de réagir, en vain, brûlant les vignes infectées et utilisant des pesticides en masse. Ces derniers ne l’ont rendu que plus fort puisqu’il s’est adapté pour se mesurer à eux. Le monde du vin se retrouva alors confronté à une situation aussi inédite que terrifiante et décida de mobiliser ses ressources scientifiques afin de trouver une solution.

…à la solution venue du Nouveau Monde

Et si le phylloxéra ne semblait pas poser problème dans son berceau de naissance, c’est parce que les racines profondes des vignes locales leur permettent de lui résister. Car celui-ci se nourrit de la sève des racines jusqu’à épuisement total, causant ainsi la mort de la plante. Il apparaît donc logique que le salut soit venu lui-aussi de ces lointaines contrées. Pour contrer les ravages du puceron, les scientifiques tâtonnent, expérimentent, et se tournent finalement vers la greffe.

Les premiers essais sont décevants, plusieurs races de vignes américaines donnant un goût désagréable au vin. Après des milliers de tests non concluants, des hybrides qualitatifs sortent enfin du lot ! Ils ont l’avantage de préserver toutes les caractéristiques organoleptiques du greffon sans ajouter les défauts du porte-greffe américain. Le vignoble anéanti est prêt à renaître de ses cendres mais cela prendra du temps. Il doit être entièrement repensé et reconstitué, un projet titanesque dont on ne verra la fin qu’après la première guerre mondiale. Parmi les cépages qui ont profité de ce bouleversement, on peut citer le Cabernet Sauvignon, le Merlot, ou encore l’Ugni Blanc.

Une crise au service de la viticulture durable

La greffe a donc non seulement sauvé le vignoble mais aussi changé définitivement la viticulture, les vignes greffées étant devenues la norme. Il existe encore des vignes pré phylloxériques dans certains cas rares. Elles ont généralement été protégées par un terroir singulier et sont une véritable fierté pour leurs propriétaires qui en tirent des cuvées confidentielles d’exception. D’autres ont essayé de replanter des parcelles avec ces cépages que l’on appelle francs de pied. Toutefois, l’ambition est souvent de courte durée, l’insecte revenant de plus belle pour les attaquer.

Tous ont révisé leur copie, passant à une viticulture moderne avec une réduction du nombre de pieds à l’hectare, des écarts plus larges entre les rangs, ou encore une généralisation du palissage sur fil de fer. Elle a également lancé un grand questionnement des pesticides et autres produits phytosanitaires. Ils ont été peu à peu remis en question ou tout bonnement délaissés au profit d’une meilleure compréhension de l’environnement et de la biodiversité. Aujourd’hui, la lutte contre les maladies et les nuisibles passe avant tout par des réponses naturelles comme la confusion sexuelle ou l’aide à la prolifération des prédateurs. Si vous êtes sensibles à la viticulture durable, n’hésitez pas à parcourir le catalogue Vinho Sélection pour découvrir nos nombreuses cuvées éco friendly.

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Barriques, cuves, amphores :

La matière et la taille du contenant ont un impact majeur sur la qualité et le profil aromatique du vin. Alors, des traditionnels fûts de chêne aux nouveaux équipements des vinificateurs, découvrez comment les différencier et leur rôle au cœur de vos cuvées favorites.

Le bois : barriques et foudres

Impossible de parler des ustensiles de vinification sans mentionner les barriques qui peuplent les chais en grande majorité depuis des siècles. La raison principale ? La porosité du bois. En effet, celui-ci a l’avantage de laisser passer un peu d’air, et donc d’oxygéner légèrement le liquide. Résultat, les tanins s’assouplissent et il gagne en complexité organoleptique. Il apporte aussi des arômes qui lui sont propres tels que la vanille, le clou de girofle, le grillé et le toasté. Toutefois, ils dépendent de la manière dont le fût a été travaillé. De sa taille d’abord, un contenant plus large étant synonyme de plus grande surface de contact avec l’oxygène. Notez ainsi qu’une barrique classique représente 200 à 230 litres selon les régions, le demi-muid 500 à 650 litres et le foudre, ou cuve de bois, 10 à 200 hl environ. Du degré de chauffe ensuite, une chauffe réduite laissant le fruit s’exprimer et une plus puissante révélant des parfums intenses.

Le bois joue également le rôle de catalyseur pour les arômes déjà présents, et approfondit et stabilise la couleur de la robe. Et si les barriques occupaient jusque-là un quasi monopole, elles sont concurrencées ces dernières années par de nombreux autres contenants, les vignerons privilégiant la diversification pour élaborer des vins à la personnalité unique.

L’inox et le béton : les cuves

Parmi les autres grands classiques, les cuves, qu’elles soient en inox ou en béton. Ces deux matières n’ont pas véritablement d’incidence sur le goût du vin et servent plutôt à en révéler le fruité. Elles se démarquent surtout en termes de praticité pour les producteurs. Les cuves inox doivent leur popularité à plusieurs facteurs : leur disponibilité en de nombreuses tailles qui facilite les vinifications parcellaires, leur forme cylindrique facile à nettoyer (tout comme l’inox) et leur technologie de thermorégulation. C’est donc logiquement qu’elles se sont imposées aisément malgré leur coût conséquent. Côté béton, il est courant qu’elles soient de forme carrée et directement intégrées aux bâtiments techniques. Si cette matière a le mérite d’être accessible et de garantir naturellement une stabilité thermique, elle demande plus d’investissement quant à son nettoyage et sa maintenance.

La terre cuite : amphores et œufs

Emblème du vin depuis l’Antiquité, l’amphore a été peu à peu délaissée au profit des barriques avant de faire un retour remarqué depuis quelques années. On l’appelle également dolia en Italie ou qvevri en Géorgie. A l’instar du bois, la terre cuite utilisée pour la façonner favorise l’oxygénation du vin. Des entrées raisonnées d’oxygène qui engendrent une extraction douce des arômes et tanins. Au programme, du fondu, de la souplesse, un fruit pur et un joli potentiel de garde.

Lorsque l’on parle de jarres, cela regroupe tous les contenants ovales, leurs capacités et les matériaux qui les composent pouvant varier. Le col peut être plus ou moins évasé selon les besoins, par exemple on préfèrera une ouverture plus large pour la macération des rouges afin de pouvoir retirer le marc. La terre cuite reste la matière usuelle, mais le grès et la porcelaine gagnent du terrain, tous profitant d’une inertie thermique importante.

Enfin, les œufs, comme leur nom l’indique, sont des cuves ovoïdales, généralement en béton et parfois munies d’une porte inox. En ne possédant aucun angle, ils créent une sorte de vortex au sein duquel les lies sont constamment en circulation et en suspension. Cela se traduit par une vinification avec peu d’interventions et la révélation de la complexité aromatique grâce aux échanges entre ces lies et le vin. Gras et rondeur au rendez-vous lors de la dégustation.

Des anciens contenants revisités aux incontournables, les vinificateurs ont à leur disposition une pléiade d’équipements pour créer des vins à leur image.

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Quelles sont les différentes tailles de bouteilles de vin ?

Vous êtes certainement déjà familiers avec la bouteille classique et le magnum, mais connaissez-vous toutes les tailles de contenant de vos cuvées favorites ? Heureusement, elles sont moins nombreuses que les cépages et terroirs. Parcourez notre guide complet !

Du Piccolo au Midas, 12 contenants à découvrir

Avant de les citer, faisons cependant un point sur leurs noms originaux. Vous aurez probablement noté qu’ils sont pour la plupart d’origine biblique. Une multitude d’explication existent, mais celle qui revient le plus souvent est un hommage aux rois mages ayant apporté de somptueux présents à Jésus. Parmi eux, Balthazar, descendant des rois de Babylone. Ainsi, chaque contenant conséquent s’est vu attribuer le nom d’un roi de la Perse ancienne.

Place maintenant à ces diverses bouteilles :

  • Le Piccolo ou quart : 18,7 cl soit environ un verre et demi
  • Le demi : 37,5 cl soit environ 3 verres
  • La bouteille standard : 75 cl soit environ 6 verres
  • Le Magnum : 1 ,5 l soit environ 12 verres
  • Le Jéroboam ou double Magnum : 3 l soit environ 24 verres, sauf à Bordeaux où il fait 5 l soit environ 40 verres
  • Le Réhoboam : 4,5 l soit environ 36 verres
  • Le Mathusalem ou l’Impériale : 6 l soit environ 48 verres
  • Le Salmanazar : 9 l soit environ 72 verres
  • Le Balthazar : 12 l soit environ 96 verres
  • Le Nabuchodonosor : 15 l soit environ 120 verres
  • Le Melchior : 18 l soit environ 144 verres
  • Le Souverain : 26,25 l soit environ 210 verres
  • Le Primat : 27 l soit environ 216 verres
  • Le Melchizedek ou Midas : 30 l soit environ 320 verres

Pourquoi plusieurs tailles ?

Outre l’explication la plus logique, qui est d’être adaptée à tous les moments de dégustation, que ce soit à deux ou lors d’une célébration avec de grandes tablées, produire de multiples tailles de bouteilles a aussi une incidence sur la conservation. En effet, l’une des règles majeures lors d’un vieillissement en cave est d’éviter les variations de températures qui viendront altérer la qualité du vin. Celle-ci se diffusant à travers les parois en verre, plus le flacon est grand, plus il mettra de temps à changer de température. C’est pourquoi les magnums et autres larges formats sont souvent recommandés pour patienter en cave, quand une demi-bouteille accélèrera le vieillissement. Mention spéciale au magnum dont le goulot est similaire à celui d’une bouteille classique, minimisant ainsi la surface en contact avec l’air et l’oxygénation.

Cave à vin

Autre anecdote intéressante, la taille standard de 75 cl a été établie en 1866 afin de faciliter les échanges commerciaux entre la France et l’Angleterre. Les conversions entre litre et gallon impérial (4,54609 litres exactement) étant source de problèmes, il a été décidé qu’une barrique contiendrait 225 l, soit 50 gallons. Celle-ci équivalant à 300 bouteilles de 75 cl, ce format a été imposé comme celui de base utilisé dans le monde entier, un gallon correspondant à une unité de 6 bouteilles (une caisse de vin).

Les formats de bouteilles régionaux

En dehors de la taille, il y a également des formes de bouteille propres aux régions viticoles, façonnées par l’histoire et la tradition locales :

  • La Bourguignonne : pansue et haute, avec des épaules douces et un col fin. On la reconnaît notamment à son fût légèrement conique.
  • La Bordelaise : l’une des plus répandues. Elle a adopté une forme cylindrique au détriment du cône qui était usité autrefois. On l’appelle aussi Frontignan.
  • La Ligérienne : un peu plus fine que la bouteille Bourguignonne, elle a surtout pour particularité de porter le blason du Val de Loire.
  • La Provençale : on en distingue deux. La flûte à corset à la base resserrée ou une autre rappelant un entonnoir, même si la Bordelaise y est très courante.
  • La Rhodanienne : à l’instar du Val de Loire, la Vallée du Rhône est sujette aux gravures, que ce soit la mention Côtes-du-Rhône ou le blason pontifical à Châteauneuf-du-Pape.
  • La Flûte d’Alsace : très haute et fine, elle est extrêmement élégante.
  • Le Clavelin du Jura : plus rustique par sa forme tassée, il a également une contenance singulière de 62 cl.
Les différentes bouteilles de vin

À noter qu’elles peuvent parfois franchir les frontières de leur berceau de naissance pour être utilisées par des viticulteurs venus d’ailleurs.

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Château Laroche Joubert 2018

Château Haut Coteau 2016

Casas Patronales Carmenere Reserva 2021

Alta Vista Malbec Premium 2021

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Les bush vines, ces vignes sauvages d’Afrique du Sud…et d’ailleurs

Technique de viticulture très répandue en Afrique du Sud, vignoble de contraste où une faune incroyable se mêle à des paysages qui le sont tout autant, les bush vines sont des vignes en forme de buisson. Partez à la découverte de cette taille spécifique très appréciée dans les vignobles chauds et secs.

Bush ou gobelet, une méthode venue de l’Antiquité

Il s’agit plus communément ce qu’on appelle une taille gobelet en France. Très ancienne, elle était déjà utilisée dans l’Antiquité par les Grecs et les Romains. Le tronc est généralement court et maintient la vigne près du sol. Cette dernière n’est pas palissée avec un treillis et ses sarments poussent donc en forme de cercle autour du cep, comme un petit arbre. Pour être plus précis, la vigne en gobelet se compose d’une tête sphérique entourée de deux à cinq cordons contenant chacun un cône de fruit avec deux à trois yeux. Lorsque les cordons deviennent trop longs, ils sont taillés et rajeunis. Il en est de même pour les pousses vertes des cônes, qui sont souvent travaillées et recourbées pour ne pas prendre trop de place.

Idéale pour les terroirs ensoleillés

L’intérêt de ce type de conduite est de protéger les grappes du soleil dans les régions chaleureuses et faibles en précipitations. C’est pourquoi elle offre de l’ombre aux baies dans les vignobles du bassin méditerranéen et de certaines contrées du Nouveau Monde telles que l’Afrique du Sud ou l’Australie. Mais son spectre pourrait bien s’étendre avec les évolutions dues au dérèglement climatique, de plus en plus de viticulteurs s’inspirant des techniques pratiquées dans les pays aux températures élevées. Dans les endroits très secs, on laisse d’ailleurs les pousses se développer librement de chaque côté afin d’agrandir la zone ombragée.

Bush vines au domaine Mooiplaas

Les bush vines sont également facile à mettre en place, demandant moins de main d’œuvre que le palissage, et simples à entretenir. Toutefois, ce système n’est pas adapté à la mécanisation, ce qui peut représenter une véritable contrainte pour de nombreux vignerons et explique qu’il ait été légèrement mis de côté dans le Languedoc alors qu’il y était très populaire au cours des années 70. Sans oublier qu’il favorise le développement des maladies fongiques à cause du manque d’aération en son cœur. Il n’est donc pas recommandé pour les zones humides. Il se complaît dans les environnements chauds et arides, abrite des vents violents et permet d’améliorer la concentration aromatique des baies.

Dégustez Mooiplaas Bush Vines 2021

Rendez-vous à Stellenbosch, au domaine Mooiplaas, pour savourer une cuvée issue de bush vines. Sur les hauteurs de Bottelary, cette propriété de la famille Roos combine vignoble et réserve naturelle privée. Ici, on élabore des vins typés et pleins de fraîcheur caractéristiques du style sud-africain. L’encépagement est diversifié, entre variétés internationales, parmi lesquelles le Sauvignon Blanc, le Merlot et le Chenin, et une endémique bien connue, le Pinotage.

Domaine Mooiplaas

Ils privilégient des vinifications avec le moins d’intervention possible sur le processus de fermentation pour délivrer une interprétation fidèle des terroirs, comme le prouve ce Mooiplaas Bush Vines 2021. Levures naturelles, filtration légère et élevage délicat en petits fûts de chêne au programme de ce nectar issu exclusivement de Chenin. On décèle au nez une belle complexité aromatique. Le miel y rencontre la pêche et l’abricot dans un ensemble joliment gourmand. En bouche, c’est sa richesse qui séduit instantanément, équilibrée par une trame acide bien présente. La vivacité est de mise, soulignée au fil de la dégustation par une superbe structure. Sa personnalité affirmée ne laisse aucun palais de marbre.

Une cuvée à découvrir ici

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Vins moelleux et liquoreux, les techniques de vinification

vin liquoreux

Très recherchés lors des fêtes de fin d’année, les vins moelleux et liquoreux peuvent pourtant se déguster en toutes occasions. Uniques et rares, ils sont issus de divers processus d’élaboration que nous vous proposons de découvrir.

De manière générale, ce sont des vins provenant de raisins particulièrement riches en sucres. Vous le savez, l’étape de la fermentation alcoolique consiste à transformer les sucres en alcool. Lorsque ceux-ci sont présents en nombre, il reste alors une grande part de ce qu’on appelle les sucres résiduels. Ce sont eux qui donnent aux cuvées cette douceur à la dégustation. Mais quelles sont les techniques pour concentrer les sucres dans les baies ?

Le passerillage

Il s’agit d’une méthode de surmaturation par dessèchement naturel des raisins à l’air. Cela peut se faire sur pied, soit directement à la vigne, ou après les vendanges. Sur des clayettes en bois ou un lit de paille par exemple. Ce dernier a donné son nom aux célèbres vins de paille. L’eau s’évapore, la grappe se déshydrate et on préserve les sucres. Ce procédé a également pour avantage de conserver une belle acidité, responsable d’une fraîcheur agréable en bouche qui équilibre l’ensemble. De plus, la peau se durcit et rend ainsi les grains moins sensibles aux maladies.

Les vins de glace

Vin de glace, Icewine, Eiswein…plusieurs noms pour un seul système. Comme vous l’aurez deviné, il est mis en place dans des vignobles aux températures frileuses. Si le gel est souvent le cauchemar des vignerons, il peut s’avérer être un atout dans certains pays tels que le Canada, l’Allemagne et l’Autriche. À l’origine, cette pratique a été découverte accidentellement. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle et une vague de froid précoce pousse les producteurs allemands et autrichiens à récolter des raisins glacés. Contrairement au passerillage, l’eau n’est pas évaporée mais glacée. Cependant, le dénouement est identique : ce sont les sucres qui s’imposent en majorité dans les jus.

Raisins enneigés
Raisins enneigés

Mais il y a quelques règles à respecter. Les baies doivent être récoltées entre -7°C et -12°C. Au-delà, le jus est trop gelé pour pouvoir en tirer quoi que ce soit. Il s’agit donc de vendanges hivernales, et souvent de nuit. Il faut être réactif pour les lancer au bon moment et lancer la vinification rapidement puisque les raisins doivent être encore gelés lorsqu’ils sont pressés. Notez qu’il en existe également en France, même si la production reste confidentielle. En Alsace, le Riesling, le Gewurztraminer, ou encore le Pinot Gris donnent des merveilles.

Le botrytis

Il ne s’agit pas d’une technique mais d’un champignon microscopique, le botrytis cinerea, aussi appelé pourriture noble. Pour se développer, il a besoin de conditions singulières. C’est pourquoi on ne le retrouve que sous certains microclimats comme celui de Sauternes. La région phare des liquoreux est baignée par des brumes matinales en automne, fruits de la rencontre entre la fraîcheur de la rivière Ciron et de l’eau plus chaleureuse de la Garonne. Ce brouillard favorise l’installation du botrytis sur les grains mûrs, appuyé par les après-midis ensoleillés.

Raisins botrytisés
Raisins botrytisés

La pellicule devient poreuse et les sucres se concentrent. Toutefois, cette alchimie se forme progressivement et il faut de la patience pour atteindre le résultat attendu. Toutes les baies n’y arrivent pas en même temps. C’est alors au vigneron de les récolter petit à petit, lorsqu’elles sont à maturité optimale. Un véritable travail d’orfèvre, nommé tries successives. Seules les meilleures pourront servir à créer un vin d’exception. C’est notamment le cas du Tokaj, ce liquoreux venu de Hongrie qui est parmi les plus convoités au monde.

Comment différencier un moelleux d’un liquoreux ?

Tous deux sont caractérisés par une superbe douceur mais il y a une raison pour ces deux dénominations, la teneur en sucres. Les vins moelleux contiennent entre 12 et 45 grammes de sucre par litre, quand les liquoreux sont au-dessus de 45 grammes. À titre de comparaison, les vins secs comprennent moins de 4 grammes de sucre par litre et les demi-secs se situent en 4 et 12 grammes.

Découvrez notre sélection de vins liquoreux

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La capsule à vis va vous en boucher un coin

L’ouverture cérémoniale d’une bouteille de vin accompagnée du célèbre « pop » a traversé les générations, et le liège continue à boucher la grande majorité des flacons aujourd’hui encore. Dans cet article nous allons nous pencher sur l’éternel débat entre le traditionnel bouchon en liège et la fameuse capsule à vis qui a parfois (pour ne pas dire souvent) mauvaise presse. Vinho Sélection vous propose de faire un tour d’horizon des différentes technologies d’obturateurs.

Les bouchons, une histoire millénaire

L’histoire du bouchon est intimement liée à celle des contenants du vin. Les premières traces se trouvent à Ephèse, dans la région centrale de Turquie. Une amphore datant du 1er siècle avant J-C a été retrouvée bouchée avec du liège. Après l’effondrement de l’Empire Romain le tonneau fût inventé par les Gaulois. Celui-ci a facilité le stockage ainsi que le transport du vin qui était directement tiré depuis le tonneau. Le bouchon n’est presque plus utilisé à cette époque. Il a fallu attendre 1640 pour le retrouver dans les boutiques d’apothicaires anglais.

Voici comment l’écorce du chêne liège est récupérée tous les 9 ans :

© Droits Réservés

Mais si son succès est indéniable, il possède un défaut connu de tous les amateurs de vin : le célèbre goût de bouchon. Il provient de la molécule TCA. Elle est générée par une combinaison de micro-organismes et conditions de conservation particulières qui contaminent le liège. Cependant, les évolutions technologiques de ces dernières années ont permis de minimiser fortement ce danger après de nombreuses recherches et expérimentations. Des solutions efficaces qui n’ont pas empêché le développement de bouchons alternatifs.

L’apparition de la capsule à vis

Et parmi eux, la capsule à vis. Cet obturateur composé d’aluminium a été mis au point en Australie dans les années 70. Cela fait donc des décennies qu’il prouve son efficacité, bien qu’il ait l’air plus récent dans l’hexagone, pays traditionnel qui reste fidèle au liège. Il vous suffit de vous rendre dans le Nouveau Monde ou des régions anglo-saxonnes, l’Angleterre par exemple, pour vous rendre compte de son succès.

« En huit ans, la perception des consommateurs britanniques a réellement changé. On est passé du scepticisme, voire de l’hostilité à l’égard de la capsule à vis, à un très bon niveau d’acceptation. De ce fait, la capsule à vis n’est plus l’exception mais devient la norme » nous apprend le directeur de la société Wine Intelligence, spécialisée dans la recherche, l’analyse et la stratégie des entreprises viticoles.

Richard Halstead, directeur Wine Intelligence, 2011

Son avantage premier ? L’éradication totale du goût de bouchon car l’apparition de la molécule TCA est impossible avec l’aluminium. Autre bénéfice, son étanchéité qui permet de conserver les bouteilles debout. Le liège, lui, doit être légèrement humecté en permanence afin d’éviter une oxydation prématurée et impose des flacons couchés.

Quel effet sur le vieillissement ?

En France, et dans d’autres pays à l’histoire viticole ancienne, la capsule à vis reste associée dans l’imaginaire des œnophiles à des vins bon marché, voire de piètre qualité. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Ce que l’on peut noter, en revanche, c’est qu’elle est adaptée à des vins de consommation rapide et non des crus qui vont attendre plusieurs années en cave. Il est vrai que ses joints permettent une légère micro-oxygénation mais ce n’est pas assez pour faire réellement évoluer le vin sur 5 ans. De plus, elle conserve à merveille les arômes dits variétaux et la fraîcheur. C’est donc logiquement qu’on la retrouve sur des vins blancs, des rosés, ou encore des rouges sur le fruit à déguster rapidement.

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Qu’est-ce qu’un vin orange ?

Rouge, blanc, rosé…vous pensiez connaître toutes les couleurs du vin ? Outre le Clairet, spécialité bordelaise qui traverse rarement sa région d’origine, et les vins gris, ces rosés particulièrement pâles, il existe également des nectars orange ! Alors, comment sont-ils produits et quel est le résultat à la dégustation ?

Un procédé datant de l’Antiquité

Historiquement, le procédé du vin orange remonte à l’Antiquité et proviendrait de la région du Caucase, plus spécifiquement de la Géorgie. Le pays, considéré comme le berceau de la viticulture, a vu naître ce style de vin il y a des millénaires. A l’époque, pas de chais équipés de technologies de pointe. Le processus était simple : les raisins entiers étaient mis dans de grandes amphores, les Qvevris, lesquelles étaient enterrées et scellées. On laissait le tout fermenter durant plusieurs mois avant de récupérer le fruit de cette méthode. Les baies rouges avaient alors donné du vin rouge et le jus des baies blanches s’était teinté d’orange.

Source : https://www.lepoint.fr/sciences-nature/nos-ancetres-ont-domestique-la-vigne-il-y-a-onze-mille-ans-09-03-2023-2511447_1924.php#11

Cette coutume explique qu’il soit souvent qualifié de « un vin blanc vinifié comme un vin rouge ». En effet, c’est un vin de macération en grappes entières. Cela signifie que l’on garde la peau des raisins, les pépins et -parfois- les rafles. Les tanins proviennent donc de cette macération, notamment des flavonoïdes (présents sur la peau des raisins blancs) qui représentent les polyphénols donnant la fameuse couleur orangée. Elle varie entre le doré, l’orangé, le brun en fonction du temps de macération.

Une palette aromatique intense

Les vins orange peuvent aussi être oxydatifs en fonction du choix du vigneron. En effet, selon la tradition, comme nous l’avons expliqué, il est élevé en amphore, dans des jarres en argile enterrées et sans ouillage. À l’instar des célèbres vins jaunes du Jura, on ne procède à aucun ajout de vin pour combler le manque créé par l’évaporation, ce que l’on appelle la part des anges. Le contact avec l’air lui confère donc ses arômes oxydatifs. Généralement, les vins orange offrent des arômes de miel, noix, abricots, poires… avec parfois quelques amers en bouche.

Nous retrouvons parfaitement ces caractéristiques dans le vin orange Qvevris de chez Tbilvino en Géorgie, dont le nom est un hommage au contenant qui le façonne. Le jus et la peau fermentent et macèrent ensemble pendant 5 à 6 mois en Qvevris. Issu du cépage Rkatsiteli, autochtone du pays, il dévoile dès les premières inspirations des parfums de noix, de miel, ou encore de pin. Une palette aromatique aussi intense qu’explosive qui évolue au fil des années et laisse place à une bouche légèrement tannique. La trame acide équilibre les amers, signe d’une oxydation maîtrisée. Il a un potentiel de garde de 3 à 4 ans.

De nos jours, de nombreux domaines dans différents pays en produisent et la France n’est pas en reste. « En plus de la France […], l’engouement pour ce type de production s’est étendu à la Croatie, la Bulgarie, l’Allemagne, l’Espagne, l’Afrique du Sud, au Portugal ou aux Etats-Unis. » d’après le journal Le Monde.

À déguster tout au long du repas

Avec un profil organoleptique aussi puissant, il faudra des mets qui le sont tout autant. Vous pensiez à un accord vin blanc et poisson ? C’est possible, à condition de le faire griller au barbecue ou sur une plancha pour mêler notes iodées et fumées. Il est également un allié de choix des plateaux de fromage, et se marie particulièrement bien avec le fruité d’un Comté affiné. Ses saveurs épicées en font un compagnon superbe des plats exotiques et ses touches de fruits secs des préparations sucrées salées. Il ne vous reste plus qu’à déguster…

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Dégustation : qu’est-ce que la minéralité dans le vin ?

La notion de minéralité est fréquemment employée lors de la dégustation d’un vin. À tel point que la célèbre revue spécialisée Wine Spectator dénombre plus de 10 % de commentaires contenant ce terme. Cependant, son emploi et son origine portent très souvent à confusion. Vinho Sélection vous propose d’y voir plus clair…

Les arômes et le concept de minéralité

© droits réservés.

Les chercheurs ont identifié plus de 1000 molécules aromatiques dans les vins et il en reste encore bon nombre à découvrir. Cela vient du fait que certains composés sont à l’état de traces. La teneur en arômes dans le vin représente 1.2 gramme/l soit moins d’un gramme par bouteille ! On observe que les minéraux ne représentent que 0,2 % de la composition.

Prenons la racine du mot et ouvrons le dictionnaire. Le Larousse nous dit que l’adjectif « minéral » est « relatif aux minéraux, aux roches » et « constitué de matière inorganique« . Il s’oppose donc à « végétal » car ces composés sont inaltérables dans le temps. Mais comment les mesurer ? La calcination du vin à 600°C est une pratique œnologique qui permet de calculer le poids des cendres. Ces quelques grammes par litre donnent un indice sur la richesse en éléments minéraux du vin. On retrouve de 2 à 4 grammes/L de cendre.

L’impact des minéraux sur le profil du vin

A l’inverse des composés organiques, les sels minéraux ne peuvent pas passer à l’état de gaz. Ils n’ont donc aucune odeur.

Pourtant, nous retrouvons des arômes classés dans la famille des minéraux tels que :

  • Roches : pierre à fusil, silex, caillou, argile, craie, hydrocarbure, goudron
  • Métaux : cuivre, fer, aluminium

Que l’on peut aussi retrouver dans « la roue des arômes » un grand classique pour les formations à la dégustation. (voir ci-dessous)

© Aromaster

Alors, d’où viennent-ils ? Les recherches ont démontré qu’il s’agissait de composés soufrés présents de différentes manières :

  • Les arômes variétaux soufrés qui sont des précurseurs aromatiques se libérant à la vinification.
  • Les composés fermentaires qui disparaissent en présence d’air mais participent à l’arôme général.
  • Les composés soufrés d’élevage qui peuvent participer aux notes « grillées » et « fumées ».

L’exemple de la pierre à fusil

Les travaux de Denis Dubourdieu ont permis d’identifier la molécule de « pierre à fusil » des vins blancs. Un composé nommé « benzenemethanethiol » qui est très odorant. Cette thiol n’apparaît qu’au moment de la fermentation, alors qu’elle n’était au départ pas dans le moût et encore moins dans le sol. Les arômes minéraux perçus à la dégustation ne sont pas directement liés à la composition chimique des sols comme on pourrait le penser ! Un vin provenant d’un sol calcaire ne contiendra pas plus de calcium.

Ce tableau classifie l’emploi du terme « minéral/minéralité » dans les commentaires de dégustation du guide Hachette. On constate que ce descripteur de minéralité s’est fortement développé depuis les années 2000.

© Emile Peynaud – Le goût du vin

Équilibre des saveurs

« Les acides ont un rapport très particulier avec les sels minéraux. Il s’agit du phénomène de salification, c’est-à-dire que les sels minéraux harmonisent les acides en bouche. Réciproquement, les acides ont un effet exhausteur sur la salinité. Ainsi, on peut penser mieux ressentir la salinité des rieslings en raison de leur caractéristique acide. »

Lebfevre David, « Où il est question de minéralité », LeRouge&leBlanc

Le terme « minéralité » est moins utilisé pour les vins rouges que pour les vins blancs. Pourtant les minéraux ont un rôle très important dans les vins rouges : ils permettent d’harmoniser les tanins.

Les différents types de salinité jouent un rôle important sur la perception et les interactions des composants gustatifs du vin. Les minéraux équilibrent les différentes saveurs.

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