De la Loire à l’Afrique du Sud, les nuances de Chenin

Parmi les cépages incontournables capables de briller autant localement qu’à l’étranger, difficile de ne pas mentionner le Chenin. Polyvalent, il est capable de s’adapter à différents terroirs et climats, ce qui explique son épanouissement jusqu’en Afrique du Sud. Préparez vos papilles à un formidable voyage gustatif !

Une vivacité internationale

Il trouve ses racines dans la Vallée de la Loire dont il apprécie le climat frais. Ici, on l’utilise pour façonner des styles divers et variés de vins blancs secs et doux, et ce depuis très longtemps. En effet, il aurait été cultivé par les moines de l’abbaye de Saint-Maur dès le VIe siècle et son nom serait un hommage au mont Chenin, en Touraine. Une origine qui explique l’un de ses surnoms : Pineau de la Loire.

Il a réussi à s’exporter avec brio, allant notamment s’installer dans les vignobles d’Afrique du Sud où on l’appelle Steen. Malgré un environnement plus chaleureux, sa grande force est de conserver son acidité caractéristique. On l’y travaille généralement avec plus de chêne, développant des arômes de boisé plus marqués. Ne soyez pas surpris de le retrouver en Australie également. Seul ou en assemblage, car il est très courant de le voir associé au Chardonnay, autre variété internationale extrêmement connue. Et le périple peut encore continuer en Argentine, aux États-Unis, ou en Nouvelle-Zélande.

La douceur du botrytis

Son plus grand avantage aux yeux des vignerons est certainement son habilité à prendre le goût de son terroir. Cependant, il est exigeant et demande énormément d’attention. Ses baies, que l’on reconnaît dans le vignoble à leur teinte jaune qui se couvre de petits points à maturité, ont une pellicule épaisse. La nature est bien faite et cette dernière représente un rempart essentiel contre les gelées printanières auquel il est sensible à cause de ses bourgeons qui apparaissent tôt dans l’année. La pourriture grise est à craindre aussi, à l’instar du Riesling, du Pinot Gris et du Sémillon.

Plutôt vigoureux et synonyme de rendements raisonnables, il possède donc plusieurs faiblesses. Le ver de la grappe, l’oïdium, l’érinose et les maladies du bois sont des ennemis à surveiller de près, alors qu’il est capable de prouver une bonne résistance face au mildiou, au black rot et à l’anthracnose. Il est un formidable terrain de jeu pour le botrytis cinerea ou pourriture noble. Ce champignon microscopique flétrit les raisins qui se gorgent de sucres naturels. C’est grâce à lui qu’existent de grands vins doux issus du Chenin, surtout lors de vendanges tardives. Les jus sucrés qui en découlent se distinguent par une superbe acidité responsable de leur fraîcheur et de leur potentiel de garde. Le choix des sols est crucial lui-aussi. Ce cépage aime les terres pauvres, bien drainées et peu profondes composées de calcaire, tuffeau, ou schiste.

Fraîcheur et intensité aromatique

Mais qu’en est-il de la dégustation ? Dans l’ensemble, le Chenin produit des vins légèrement charpentés avec beaucoup d’acidité. Le bois est manié avec parcimonie afin de préserver cette vivacité inhérente et il est riche en arômes fruits verts et tropicaux parmi lesquels le citron, la pomme et l’ananas. Lorsqu’il donne des blancs secs, on le remarque à sa robe pâle aux reflets verts, plus dorée lors d’un élevage sous bois. En plus des parfums déjà mentionnés, il évoque le coing, le tilleul, l’acacia, les épices douces, le miel et la vanille. Sa matière peut être fluide ou tendre selon les processus de vinification, sa nervosité et sa structure lui offrent une aptitude à la garde très intéressante. Même constat pour les effervescents qui profitent de son acidité marquée et ses notes de fruits secs et d’agrumes, avec toutefois plus de rondeur que les illustres champagnes.

Récolté en surmaturité, il propose des blancs doux aux nuances dorées qui deviennent ambrées avec les années. Sa complexité aromatique signe la rencontre des fruits confits, de l’abricot, des écorces d’agrumes et de la rondeur. Une richesse fruitée doublée d’une grande fraîcheur qui allège la sensation de sucre montre un bel équilibre entre onctuosité et vivacité.

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Le vignoble de Grèce, entre mythologie et cépages autochtones

De l’Antiquité à aujourd’hui, la Grèce a su préserver un patrimoine viticole d’exception, marqué par une mosaïque de terroirs et de nombreuses variétés endémiques. Faites voyager vos papilles à travers des vins multiples aux personnalités affirmées.

L’innovation au service de la tradition

La viticulture est apparue ici près de 2000 ans avant Jésus Christ. Elle est profondément ancrée dans la culture grecque, à tel point qu’elle est même incarnée par son propre dieu dans leur mythologie. Dionysos, fils de Zeus, est la divinité de la vigne, du vin, du théâtre et de la fête. Ajoutez à cela un florilège de références au vin dans les textes de l’Antiquité, et des personnages historiques comme fictifs aimant s’en délecter.

Les vins grecs ont connu leur apogée très tôt sous l’Empire Romain avant d’affronter de nombreux obstacles au fil des siècles, le plus éprouvant ayant été une gestion médiocre du vignoble et de son potentiel. Depuis 1985, on constate une ère de renouveau portée par des agronomes et œnologues formés en France et revenus dans leur pays d’origine pour en tirer le meilleur. Ces ambitions ont été soutenues par des subventions ayant pour conséquence des avancées technologiques, l’acquisition d’équipements de pointe, une plus grande connaissance des vignes et du terroir, et une restructuration du vignoble en allant s’installer sur des zones plus fraîches. Résultat, une nette amélioration des rendements et de la qualité sans jamais rien perdre de sa typicité et de ses saveurs originales.

La terre des singularités

Entre ses paysages dessinés par une multitude de reliefs et la menace permanente de la sécheresse et des tempêtes, la Grèce est un terroir complexe à travailler. Une grande partie du pays est montagneuse et infertile, les vignerons se sont donc réfugiés sur les plaines et coteaux aux sols riches. Entre altitudes élevées et pentes abruptes, les parcelles s’enchaînent mais ne se ressemblent pas, à tel point que quand certains souffrent de la pourriture, d’autres ont du mal à arriver à maturité. Cependant, c’est également ce qui rend ce vignoble si fascinant.

Autre spécificité, la suprématie des cépages autochtones. L’Agiorgitiko et le Xinomavro en tête des rouges, le Savatiano et le Roditis menant les blancs. Les variétés étrangères, bien que présentes, n’ont jamais dépassé plus de 15% de l’encépagement. Un patrimoine préservé par quelques 33 appellations. Parmi les spécialités locales, nous pouvons citer le Retsina, un vin blanc vinifié avec des morceaux de résine de pin.

Des cuvées uniques

La Grèce septentrionale est la partie la moins exploitée, même si quelques régions se démarquent : la Macédoine et ses rouges de garde, Nàoussa dont les nectars peuvent rappeler la finesse des Barolo, Gouménissa et son charnu, Amindeo qui délivre aussi bien des vins effervescents que des blancs aromatiques et rosés fruités…pour ne citer qu’elles.

Mais c’est sans aucun doute dans les îles que se trouvent les cuvées les plus réputées. La Crète est la plus importante en termes de volume et suscite l’enthousiasme grâce à son dynamisme ces dernières années. On y cultive souvent des cépages oubliés remis sur le devant de la scène. Dans le nord-ouest, la Céphalonie et Zante mettent à l’honneur la vivacité de l’Avgoutiatis, variété rouge, comme la fraîcheur du Robola et du Tsaoussi en blanc. La mer Égée est l’apanage des muscats doux avec Sàmos, la plus célèbre, mais aussi Limnos. Pàros possède sa propre variété, le Monemvassia, preuve supplémentaire, s’il en fallait une, de l’incroyable richesse de la Grèce. A Rhodes, le blanc domine largement, avec une montée en puissance des effervescents récemment. Et comment ne pas mentionner Santorin, ses falaises surplombant la mer, ses ravissantes maisons blanches au toit bleu ? En dehors de son panorama sublime très apprécié des touristes, elle abrite une production de vin très intéressante. Mention spéciale à ses blancs secs puissants, intenses, citronnés et minéraux issus de vieilles vignes d’Assyrtiko.

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Comment fait-on du vin rosé ?

Bien plus complexes qu’ils n’y paraissent, les rosés demandent une attention de tous les instants pour obtenir la teinte parfaite. Cette dernière est façonnée avant même la création du vin, une singularité que Vinho Sélection vous propose de découvrir plus en détails.

On utilise des raisins noirs à la chair blanche. Cela signifie que la pulpe qui donne le jus est incolore et que les pigments viennent de la peau. La robe du vin dépendra donc du temps de macération, soit la durée de contact entre les pellicules et les jus, ainsi que la température. Cette étape délicate sert également à extraire les arômes. Plus le jus reste longtemps en contact avec la peau, plus les parfums sont prononcés et intenses.  C’est pourquoi le mode de vinification choisi a un rôle crucial.

Macération, pressurage direct ou saignée

Il existe trois techniques pour élaborer un vin rosé :

  • La macération pelliculaire à froid. Le moût macère durant une période pouvant aller de quelques heures à deux jours, à une température entre 10 et 15°C. A noter que les températures sont assez basses pour retarder le début de la fermentation. On fait ainsi ressortir les pigments, les composés aromatiques et les tanins. Le jus prend alors sa coloration, qui sera plus ou moins profonde selon le temps et la température. Une fois la teinte désirée obtenue, on débarrasse le jus des parties solides et on le transfère dans une cuve pour débuter la fermentation alcoolique.
  • Le pressurage direct. On presse directement les grappes, entières ou éraflées, sans macération. Les peaux ont un peu de temps pour donner au jus une couleur légèrement rosée avant que celui-ci ne parte en fermentation. Contrairement à la macération et sa couleur assez soutenue, on limite ici le contact avec la peau des baies pour concevoir des vins clairs. En bouche, la fraîcheur et la vivacité viennent souligner des arômes de fruits primaires.
  • La méthode de saignée. Elle commence comme une vinification en rouge, puis l’on soutire, quelques heures après le début de la cuvaison, une partie de la cuve, environ 5 à 15%. Celle-ci sera destinée à devenir un vin rosé. Elle débute bien entendu par une macération, ce qui explique sa couleur plus intense. Ces vins font aussi preuve de plus de structure et de puissance. Ils sont plus vineux en bouche et peuvent présenter une belle aptitude à la garde. Ce sont des rosés de gastronomie qui peuvent accompagner de nombreux mets.

Diversité aromatique

Les cépages et le terroir ont aussi un rôle majeur dans le profil final du vin. Par exemple, si le rosé est généralement issu de raisins noirs, on peut ajouter une part de raisins blancs qui apporteront de la rondeur et une certaine complexité aromatique. De plus, l’origine géographique des variétés et leurs diverses caractéristiques, la teinte, la taille des baies ou l’épaisseur de la pellicule, ont un impact sur la coloration et le style du vin. Un Merlot jouera sur la rondeur et le fruit quand un Malbec impressionnera par sa profondeur. Une gamme de tonalités extrêmement variées.

Idem pour les températures de fermentation. Le plus souvent, les producteurs optent pour des cuves inox thermorégulées afin de s’adapter plus aisément à l’accroissement de la chaleur durant la transformation du moût en vin. A titre d’exemple, des notes riches en thiols variétaux tels que les agrumes, la poire ou les fruits exotiques sont favorisés par une température de 20°C maximum. Et les esters fermentaires comme la pomme verte ou la banane, eux, se dévoile autour de 14°C.

L’exception champenoise

Contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, le rosé n’est donc pas un simple mélange de vin blanc et de vin rouge. Cette pratique a été interdite en 2009 par la Commission Européenne pour les vins dits rosés. Toutefois, il existe une région viticole en France où ce processus est autorisé, la Champagne. Notez également que cette technique est encore courante en Australie et en Afrique du Sud.

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Le Vermentino, fraîcheur et légèreté en Méditerranée

Typé et aromatique, c’est ainsi que l’on pourrait définir simplement le Vermentino. Cette variété italienne, qui s’épanouit de la Sardaigne à la Hunter Valley, est à l’origine de vins blancs tendres aux profils élégants. Partez à sa rencontre…

Un cépage international

Difficile de définir avec précision son berceau de naissance, tant les théories vont bon train. Quand certains le disent issu de Madère et développé ensuite en Espagne, d’autres répondent qu’il vient de Grèce et se serait étendu par le biais des marchands vénitiens. Cependant, sa consonance résolument italienne nous pousserait à penser qu’il viendrait de chez nos voisins transalpins, actuellement premier pays producteur de Vermentino – juste devant la France.

Avec comme point de départ l’Italie, donc, il a connu une belle expansion. D’abord sur le littoral méditerranéen en s’implantant en Corse et en Provence , où on l’appelle souvent Rolle, mais aussi en Espagne, au Maroc et en Croatie. Il a ensuite parcouru du chemin, s’enfonçant un peu plus dans les terres européennes pour toucher la Bulgarie, ou traversant la planète afin de se complaire au Chili et en Australie.

En quête de terroirs gorgés de soleil

Il est un cépage blanc incontournable des appellations corses, Patrimonio en tête. Un succès qui s’explique par son appétence pour le climat de l’île de Beauté. Car le Vermentino est vendangé tardivement et nécessite une météo chaleureuse sans trop de précipitations pour atteindre une maturité optimale, ainsi que d’être implanté sur des terres avec une belle exposition. A l’inverse, les climats froids et tempérés ralentissent sa maturation. Sur le pourtour méditerranéen et dans le Nouveau Monde, il bénéficie d’une situation climatique qui lui assure une superbe productivité. S’il est considéré comme vigoureux, il est tout de même sensible à la pourriture acide et à l’oïdium, et les vignerons préfèreront logiquement éviter les parcelles humides. Autre faiblesse, le vent. Pour y remédier, on le taille court avec une conduite sur fil de fer.

Il serait un parent de la famille de cépages malvoisie. Si vous avez la chance de parcourir les vignobles dans lesquels il est présent, vous pourrez le reconnaître à ses grandes grappes tronconiques. Ses feuilles, jaunes dans leur jeunesse, deviennent vert foncé avec l’âge. Et ses baies blanches adoptent une teinte rosée lorsqu’elles sont en surmaturité.

Une explosion de saveurs

Il peut être vinifié seul ou en assemblage. En monocépage, il se distingue par sa légèreté et son gras. En compagnie d’autres variétés, parmi lesquelles le Cinsault, le Grenache, ou encore l’Ugni Blanc, il apporte un côté aérien et une agréable fraîcheur. Il donne des vins blancs doux à de rares occasions, et en grande majorité des blancs secs. Mais intéressons-nous de plus près à la dégustation de ces derniers.

Sa robe pâle, d’un jaune clair limpide, laisse place à une palette aromatique à la fois intense, fine et complexe. Les fragrances s’enchaînent et ne se ressemblent pas. On perçoit tour à tour des notes florales type aubépine ou tilleul, du fenouil, des agrumes comme le citron et le pamplemousse, des épices douces et un florilège de fruits divers. La pêche rencontre la poire, la pomme, l’abricot, l’ananas et l’amande fraîche. Sans oublier de jolies notes iodées et minérales généralement apportées par l’influence marine dans laquelle baignent les vignes. Au palais, on remarque un vin tendre et suave, avec peu d’acidité. Les grands Vermentino possèdent une texture raffinée, une richesse aromatique sans pareille, et un bel équilibre. En effet, ce cépage n’est jamais lourd lorsqu’il est travaillé avec justesse. A savourer dans leur jeunesse, ils gagnent à être carafés lors du service pour délivrer tout leur potentiel aromatique. Ils peuvent aussi attendre quelques années en cave selon la manière dont ils ont été vinifiés.

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L’irrigation de la vigne, comment ça marche ?

Technique commune pour certains, véritable débat pour d’autres face au changement climatique, l’irrigation de la vigne est bien plus complexe à mettre en place qu’on pourrait le penser. Apprenez tout de ce processus qui gagne de plus en plus de terrain.

Un débat européen

En France, l’irrigation de la vigne n’est autorisée que depuis un décret de 2006 et très encadrée. Elle est ainsi interdite entre le 15 août et la date de récolte. Une durée minimum pouvant s’élargir selon les cahiers des charges des appellations. En Espagne, ce serait un tiers du vignoble qui serait irrigué et en Italie, près d’un quart.

C’est un remède efficace au manque de précipitations qui s’est installé dans certaines régions viticoles ces dernières années, celles-ci ayant vu leurs jeunes plants dépérir et leurs rendements chuter face à des conditions climatiques chaotiques. Mais cela fait longtemps qu’elle a été adoptée par le Nouveau Monde. On la trouve couramment dans les zones arides de l’Argentine, de l’Australie, ou encore du Chili. Elle n’est toutefois qu’une solution parmi tant d’autres, la gestion des ressources en eau pouvant être maîtrisée de diverses manières.

Vous souhaitez en savoir plus sur les vignobles d’Australie et d’Argentine ? Consultez nos articles :

L’Argentine, des terroirs multiples au service du Malbec

À la découverte des vignobles d’Australie

L’impact du stress hydrique

Surtout, elle doit être mis en place minutieusement et utilisée à bon escient pour ne pas impacter le « bon » stress hydrique de la vigne. Ce dernier agit comme un stimulateur physiologique de la plante. Cela signifie, par exemple, qu’il va aider à la captation des nutriments grâce à un enracinement profond, ou encore à la synthèse des polyphénols. Autant de facteurs au service de l’élaboration d’un vin de qualité.  

Lorsqu’il est trop intense, il empêche les ressources de se diriger vers les raisins en les envoyant vers les racines pour survivre. Suivront alors des problèmes de croissance, que ce soit au niveau du développement des rameaux, ou de celui des feuilles. Quant aux baies, elles auront une taille réduite et peineront à atteindre une maturité optimale. Résultat, on note un manque d’harmonie général. Les sucres manquent, les acides sont trop présents, l’équilibre n’est pas au rendez-vous, et les notes végétales et empyreumatiques se font trop imposantes. L’irrigation permettra de pallier à ces désagréments.

Irrigation goutte-à-goutte ou par aspersion

Avant l’installation, les viticulteurs doivent veiller à avoir de bons réflexes écologiques. Cela commence par une adaptation aux conditions locales. On recommande des travaux de drainage qui faciliteront les apports hydriques, ainsi qu’une mesure de l’humidité du sol et de la demande climatique pour évaluer avec le plus de précision possible les besoins en eau. Une fois ceux-ci définis, il existe deux systèmes d’irrigation :

  • L’irrigation goutte-à-goutte. Mise au point dans les années 90, elle est devenue incontournable depuis. Un succès qu’elle doit notamment à sa capacité d’uniformisation de l’apport d’eau au niveau de chaque pied. Son efficacité passe également par sa gestion de l’eau utilisée (environ -20% par rapport à l’aspersion). Sa pose est laborieuse, demande du temps et une main d’œuvre qualifiée, et représente un coût important. Néanmoins, elle a pour avantage majeur de laisser aux machines l’accès au vignoble. De plus, elle évite facilement l’apparition de certaines maladies au niveau de la végétation, ce qui en fait un outil extrêmement performant.
  • L’irrigation par aspersion. Ici encore, deux dispositifs peuvent être mis en place. L’aspersion proche du sol aux bénéfices satisfaisants mais à l’entretien considérable. L’aspersion sur frondaison, peu adaptée à la vigne mais parfois utilisée en raison de son faible coût.

Mais il y a fort à parier que ces solutions vont encore connaître de nombreuses évolutions dans les années à venir…

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Le Torrontés, emblème des vins blancs d’Argentine

Seule variété typiquement argentine, le Torrontés est d’abord resté dans l’ombre du Malbec avant de s’en distinguer grâce à ses vins blancs aromatiques. Ce cépage qui rappelle le Gewurztraminer et apprécie l’altitude surprend autant qu’il séduit.

Un parent du Muscat

Les théories quant à ses origines sont légion, mais il y en a tout de même une qui semble s’imposer. Il serait lié à l’arrivée des Jésuites, qui auraient également implanté le Muscat d’Alexandrie dans la région de Mendoza. Peu à peu, il étend son spectre, jusqu’à se retrouver dans tout le pays, voire de traverser les frontières et atterrir au Chili. Son succès le rend incontournable et on a alors l’idée de le croiser avec la Criolla Chica. Le Torrontés était né.  Pourtant, il faudra attendre de nombreuses années avant que celui-ci ne soit reconnu officiellement. Il se fait d’abord discret, poussant au milieu des autres cépages. Lorsque des viticulteurs le découvrent, ils ne savent comment le classer. Ce n’est qu’à partir de 1860 que l’on en trouve les premières traces écrites.

Aujourd’hui, il est un fier représentant des vins argentins et peut être considéré comme le seul cépage autochtone du pays. De Salta à Rio Negro, il s’épanouit partout. Au Chili, il est même utilisé pour élaborer le Pisco, un spiritueux local. Toutefois, ne le confondez pas à son homonyme espagnol avec lequel il n’a aucun lien de parenté.

Torrontés Riojano, Sanjuanino & Mendocino

Cet hybride regroupe en réalité trois cépages blancs aux personnalités propres et dont le nom fait référence à leur région de prédilection :

  • Torrontés Riojano, dans la province de la Rioja. Attention, encore une fois, à ne pas la confondre avec la Rioja espagnole. Il est d’ailleurs courant d’ajouter la mention « Famatina » sur les étiquettes pour différencier les bouteilles à l’export. Le Riojano est sans hésiter le plus aromatique des trois déclinaisons, sa palette aromatique évoquant généralement des notes proches de celles du Gewurztraminer ou du Muscat. Il est le plus présent sur le territoire, aimant autant l’atmosphère de la Rioja que celle de Salta, la région la plus septentrionale.
  • Torrontés Sanjuanino, dans la région de San Juan. Il se complaît dans ce climat aride et très chaleureux. Cependant, cette alliance représente un challenge pour les vignerons qui doivent redoubler d’ingéniosité pour éviter de délivrer des vins trop lourds.
  • Torrontés Mendocino, à Rio Negro et dans le nord de la Patagonie. Il est moins complexe et aromatique que ses comparses et souvent réservé à des cuvées de moindre qualité.
Grappe de Torrontés

Un cépage d’altitude

S’il est vigoureux, le Torrontés est sensible au mildiou et à la pourriture, et préfère donc des zones arides ou en altitude qui le protègeront de ces maladies. Cela tombe bien, l’Argentine est une terre de relief. Dans la province de Salta, au nord, on s’émerveille devant des vallées culminant à plus de 1600 mètres. C’est le cas du vignoble de Cafayate, qui s’élève parfois à plus de 2000 mètres d’altitude. Le cépage y propose une expression singulière et racée. Ses baies ont une peau épaisse et ont tendance à mûrir tôt, le climat froid qui règne ici aide à préserver leur acidité. Entre la sécheresse, la chaleur du jour et les températures nocturnes plus fraîches qui créent une belle amplitude thermique, il gagne en complexité et en caractère. Et ce n’est pas le seul vignoble dans lequel il se déploie, tant et si bien qu’il est désormais plus présent que le Chardonnay et le Sauvignon Blanc.

Vignoble de Cafayate

De manière générale, le Torrontés est reconnaissable à sa douceur naturelle dotée d’une pointe délicatement acidulée. Au nez, on perçoit des fragrances florales autour des pétales de rose, du jasmin et du géranium. A cela s’ajoutent des senteurs de pêche blanche, d’épices, de miel et de zeste de citron. Parfumé à souhait, très agréable, croquant et rafraîchissant.

Découvrez nos vins de Torrontés

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Le phylloxéra, ce puceron qui a redéfini le vignoble

Comment un puceron microscopique a pu ravager des millions d’hectares de vignes, redessiner entièrement le vignoble européen et fédérer les acteurs du secteur à travers le monde ? Apprenez tout du phylloxéra et de son impact sur la viticulture telle que vous la connaissez aujourd’hui.

Une attaque surprise…

L’histoire qui lie ce petit insecte à nos vignes commence dans les années 1860 lorsqu’on en détecte les premiers signes. Et personne n’imaginait alors l’envergure que prendrait cette invasion. En effet, appartenant à la famille des pucerons et originaire d’Amérique du Nord, il ne causa pas beaucoup d’inquiétude lors de son arrivée chez nous. Et pourtant, porté par le vent, il ne lui a fallu que quelques années pour décimer la majorité des vignobles français et avoisinants.

Les techniques déjà maîtrisées par les viticulteurs n’avaient aucun impact sur lui. Ils ont essayé de réagir, en vain, brûlant les vignes infectées et utilisant des pesticides en masse. Ces derniers ne l’ont rendu que plus fort puisqu’il s’est adapté pour se mesurer à eux. Le monde du vin se retrouva alors confronté à une situation aussi inédite que terrifiante et décida de mobiliser ses ressources scientifiques afin de trouver une solution.

…à la solution venue du Nouveau Monde

Et si le phylloxéra ne semblait pas poser problème dans son berceau de naissance, c’est parce que les racines profondes des vignes locales leur permettent de lui résister. Car celui-ci se nourrit de la sève des racines jusqu’à épuisement total, causant ainsi la mort de la plante. Il apparaît donc logique que le salut soit venu lui-aussi de ces lointaines contrées. Pour contrer les ravages du puceron, les scientifiques tâtonnent, expérimentent, et se tournent finalement vers la greffe.

Les premiers essais sont décevants, plusieurs races de vignes américaines donnant un goût désagréable au vin. Après des milliers de tests non concluants, des hybrides qualitatifs sortent enfin du lot ! Ils ont l’avantage de préserver toutes les caractéristiques organoleptiques du greffon sans ajouter les défauts du porte-greffe américain. Le vignoble anéanti est prêt à renaître de ses cendres mais cela prendra du temps. Il doit être entièrement repensé et reconstitué, un projet titanesque dont on ne verra la fin qu’après la première guerre mondiale. Parmi les cépages qui ont profité de ce bouleversement, on peut citer le Cabernet Sauvignon, le Merlot, ou encore l’Ugni Blanc.

Une crise au service de la viticulture durable

La greffe a donc non seulement sauvé le vignoble mais aussi changé définitivement la viticulture, les vignes greffées étant devenues la norme. Il existe encore des vignes pré phylloxériques dans certains cas rares. Elles ont généralement été protégées par un terroir singulier et sont une véritable fierté pour leurs propriétaires qui en tirent des cuvées confidentielles d’exception. D’autres ont essayé de replanter des parcelles avec ces cépages que l’on appelle francs de pied. Toutefois, l’ambition est souvent de courte durée, l’insecte revenant de plus belle pour les attaquer.

Tous ont révisé leur copie, passant à une viticulture moderne avec une réduction du nombre de pieds à l’hectare, des écarts plus larges entre les rangs, ou encore une généralisation du palissage sur fil de fer. Elle a également lancé un grand questionnement des pesticides et autres produits phytosanitaires. Ils ont été peu à peu remis en question ou tout bonnement délaissés au profit d’une meilleure compréhension de l’environnement et de la biodiversité. Aujourd’hui, la lutte contre les maladies et les nuisibles passe avant tout par des réponses naturelles comme la confusion sexuelle ou l’aide à la prolifération des prédateurs. Si vous êtes sensibles à la viticulture durable, n’hésitez pas à parcourir le catalogue Vinho Sélection pour découvrir nos nombreuses cuvées éco friendly.

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Le Lambrusco, un vin effervescent…rouge !

Vous êtes déjà familiers avec le Prosecco, mais l’Italie abrite un autre vin effervescent parmi l’un des plus vendus au monde, le Lambrusco. Pétillant dans tous les sens du terme et joliment exubérant, il surprend également les français par sa couleur, les bulles rouges n’étant pas courantes dans l’hexagone. Partez à sa découverte et faites voyager vos papilles chez nos voisins transalpins.

Les multiples facettes du Lambrusco

C’est ici, sur les reliefs qui dominent fièrement la ville de Modena, bien connue des épicuriens pour son célèbre vinaigre, qu’est né le Lambrusco. De ces paysages fabuleux de la région d’Émilie-Romagne aux terroirs diversifiés, ils ont tiré pas moins de 6 appellations distinctes : IGT Emilia Lambrusco, DOC Reggiano Lambrusco, DOC Lambrusco di Sorbara, DOC Lambrusco Salamino di Santa Croce, DOC Lambrusco Grasparossa di Castelvetro et DOC Lambrusco di Modena. Il est devenu incontournable dans son berceau de naissance et a traversé les frontières pour aller s’imposer aux quatre coins de la planète. Un succès qui a entraîné sa déclinaison en version rosée, mais aussi en blanc, de manière plus confidentielle.

Vignoble d’Émilie-Romagne

Le Lambrusco, c’est aussi une grande famille de cépages, riche d’une soixantaine de variétés environ. En plus du nord de l’Italie, elle s’est implantée dans le Nouveau Monde, de l’Australie à l’Argentine. Trois cépages se démarquent particulièrement : Lambrusco di Sorbara aux notes de framboise et violette, Lambrusco Salamino aux grappes en forme de saucisson (ou salami), et Lambrusco Grasparossa marqué par le gras et la rondeur.

Une gamme variée

A l’instar du Prosecco, il provient de la méthode Charmat, ou de fermentation en cuve close. Cela signifie que la prise de mousse est effectuée dans une cuve sous haute pression. Cependant, ce n’est pas la seule technique utilisée pour produire ce type de vin. Les viticulteurs peuvent aussi faire appel à la méthode traditionnelle, ou de seconde fermentation en bouteille. C’est elle qui est à l’origine des champagnes et autres crémants. Ou, dernière option, ils peuvent avoir recours à la méthode ancestrale consistant à mettre le vin en bouteille avant la fin de la première fermentation, l’effervescence se créant ensuite naturellement. C’est notamment grâce à elle que l’on élabore la fameuse Blanquette de Limoux. Et une telle variété de processus de création entraîne forcément une grande diversité de profils.

On trouve aussi bien des vins dits de plaisir que des flacons racés et complexes pouvant braver l’épreuve du temps à merveille. Des nuances et arômes multiples liés aux douze cépages autorisés dans la zone de production. De plus, il existe trois types de Lambrusco selon le niveau de sucres résiduels. Le secco (sec), l’amabile (demi-sec) et le dolce (doux). Autre variante, ils peuvent être frizzante ou spumante. Ils diffèrent alors par leur effervescence. Un spumante a une surpression en bouteille supérieure à 3 bars, c’est un vin mousseux au même titre que les crémants. Un frizzante possède une bulle plus légère, la surpression étant comprise entre 1,5 et 2,5 bars, c’est un vin pétillant.

Azienda Giacobazzi, entre tradition et modernité

Le vignoble Giacobazzi, créé en 1958 par la famille du même nom, se situe en plein cœur de l’Émilie-Romagne, région phare du Lambrusco. Ce n’est donc pas un hasard si elle est devenue experte dans la production de cet effervescent, associant respect du terroir et des traditions, et techniques de vinification modernes.

Vendanges aux Vignobles Giacobazzi

Retrouvez deux de leurs cuvées emblématiques chez Vinho Sélection. Giacobazzi Lambrusco rouge, un amabile au bouquet floral soutenu par des notes de fraise et de cerise marasquin. Il séduit en bouche par sa fraîcheur incomparable, sa mousse fine et aérienne, et ses saveurs de fruits rouges. Giacobazzi Lambrusco rosé, un amabile ici encore, dominé par la violette et les fruits rouges. Une dégustation toute en élégance et vivacité.

Découvrez les Lambrusco Vinho Sélection

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Cépage Barbera, le Merlot de l’Italie

Cépage rouge venu du Piémont, sur les collines escarpées du Monferrato, la Barbera a acquis une belle notoriété dans son berceau de naissance…et ailleurs. Entre rouges sur le fruit et cuvées à la concentration remarquable, elle produit des flacons charmeurs très appréciés des amateurs de vin aguerris ou néophytes. Apprenez tout d’elle.

Du Piémont à l’Australie

Bien qu’elle provienne d’une région à l’histoire viticole ancienne, ce n’est pas forcément son cas, les premières traces écrites en faisant mention datant du début du XIXe siècle. Contrairement à bien d’autres, elle a bénéficié des dégâts du phylloxéra, petit puceron ravageur qui a menacé de disparition le vignoble européen. Une fois ce danger éliminé, la Barbera est replantée en masse, à tel point qu’elle a un temps représenté près de 80% des vignobles du Piémont. Ces chiffres ont depuis été revus à la baisse, mais elle n’en reste pas moins un cépage majeur grâce à sa fiabilité et ses qualités organoleptiques.

Elle a réussi à traverser les frontières, allant s’implanter aux quatre coins du monde. Ne soyez donc pas surpris de la retrouver au Chili, aux États-Unis, en Argentine ou en Australie. Mais c’est sur les terres dont elle est originaire qu’elle offre sa plus belle expression. Parmi ses appellations emblématiques, on peut citer la DOC Barbera d’Alba où elle se révèle puissante et complexe, et la DOCG Barbera d’Asti, finesse, élégance et fruité éclatant au rendez-vous. Elle est aujourd’hui le second cépage rouge le plus répandu chez nos voisins transalpins, derrière le Sangiovese.

Vignoble du Piémont

Climat chaleureux et résistance aux maladies

Lorsque l’on parcourt les vignes, on la reconnaît à ses baies sombres d’une ravissante couleur noir bleuté au cœur de grandes grappes compactes. Sa peau est assez résistante et sa pulpe juteuse. Elle est de maturité tardive, vigoureuse, et s’épanouit aussi bien sur des sols de sables et d’argiles que des terres riches en calcaires. Côté maladies, elle craint peu l’oïdium et le mildiou, mais se montre sensible à la pourriture grise. Elle apprécie les climats chaleureux auxquels elle s’adapte à merveille du fait de son acidité naturellement élevée, ce qui explique sa présence en Italie comme dans le Nouveau Monde, tout comme son appétence pour une bonne exposition en vue d’atteindre une maturité optimale. Son nom viendrait du croisement de Barba, terme désignant un système de racines très complexe, et d’Albera qui indique des sites boisés où la vigne remplaça les arbres.

Grappe de Barbera

Des notes iodées typiques

On la compare souvent au Nebbiolo, autre variété phare de cette zone géographique. Pourtant, elle possède une personnalité propre bien distincte de son comparse. Sa couleur est plus profonde avec une belle teinte rubis, son acidité plus marquée et ses tanins plus modérés et fondus sont également synonymes de rondeur. A la dégustation, on se laisse séduire par sa souplesse, sa corpulence et ses parfums entre petits fruits rouges tels que la cerise ou des notes végétales. Ce n’est pas un hasard si on la surnomme parfois le Merlot de l’Italie. Elle a toutefois un petit plus qui permet aux dégustateurs de la discerner : une touche iodée typique en bouche.

Cependant, ce style caractéristique peut bien sûr varier selon les techniques de vinification utilisées. Ainsi, alors que c’était très rare autrefois, les fûts de bois se sont imposés dans le travail de la Barbera depuis les années 80, et ce lors de la vinification comme de l’élevage. Alors que les vins qui en sont issus étaient réputés pour leur légèreté et leur fruité, ils ont alors gagné en concentration et en puissance sous l’effet des barriques. Et le bouquet a vu apparaître des notes de fruits très mûrs.

Seule ou en assemblage, découvrez-la à travers les cuvées Vinho Sélection

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Barriques, cuves, amphores : dans quoi fait-on le vin ?

La matière et la taille du contenant ont un impact majeur sur la qualité et le profil aromatique du vin. Alors, des traditionnels fûts de chêne aux nouveaux équipements des vinificateurs, découvrez comment les différencier et leur rôle au cœur de vos cuvées favorites.

Le bois : barriques et foudres

Impossible de parler des ustensiles de vinification sans mentionner les barriques qui peuplent les chais en grande majorité depuis des siècles. La raison principale ? La porosité du bois. En effet, celui-ci a l’avantage de laisser passer un peu d’air, et donc d’oxygéner légèrement le liquide. Résultat, les tanins s’assouplissent et il gagne en complexité organoleptique. Il apporte aussi des arômes qui lui sont propres tels que la vanille, le clou de girofle, le grillé et le toasté. Toutefois, ils dépendent de la manière dont le fût a été travaillé. De sa taille d’abord, un contenant plus large étant synonyme de plus grande surface de contact avec l’oxygène. Notez ainsi qu’une barrique classique représente 200 à 230 litres selon les régions, le demi-muid 500 à 650 litres et le foudre, ou cuve de bois, 10 à 200 hl environ. Du degré de chauffe ensuite, une chauffe réduite laissant le fruit s’exprimer et une plus puissante révélant des parfums intenses.

Le bois joue également le rôle de catalyseur pour les arômes déjà présents, et approfondit et stabilise la couleur de la robe. Et si les barriques occupaient jusque-là un quasi monopole, elles sont concurrencées ces dernières années par de nombreux autres contenants, les vignerons privilégiant la diversification pour élaborer des vins à la personnalité unique.

L’inox et le béton : les cuves

Parmi les autres grands classiques, les cuves, qu’elles soient en inox ou en béton. Ces deux matières n’ont pas véritablement d’incidence sur le goût du vin et servent plutôt à en révéler le fruité. Elles se démarquent surtout en termes de praticité pour les producteurs. Les cuves inox doivent leur popularité à plusieurs facteurs : leur disponibilité en de nombreuses tailles qui facilite les vinifications parcellaires, leur forme cylindrique facile à nettoyer (tout comme l’inox) et leur technologie de thermorégulation. C’est donc logiquement qu’elles se sont imposées aisément malgré leur coût conséquent. Côté béton, il est courant qu’elles soient de forme carrée et directement intégrées aux bâtiments techniques. Si cette matière a le mérite d’être accessible et de garantir naturellement une stabilité thermique, elle demande plus d’investissement quant à son nettoyage et sa maintenance.

La terre cuite : amphores et œufs

Emblème du vin depuis l’Antiquité, l’amphore a été peu à peu délaissée au profit des barriques avant de faire un retour remarqué depuis quelques années. On l’appelle également dolia en Italie ou qvevri en Géorgie. A l’instar du bois, la terre cuite utilisée pour la façonner favorise l’oxygénation du vin. Des entrées raisonnées d’oxygène qui engendrent une extraction douce des arômes et tanins. Au programme, du fondu, de la souplesse, un fruit pur et un joli potentiel de garde.

Lorsque l’on parle de jarres, cela regroupe tous les contenants ovales, leurs capacités et les matériaux qui les composent pouvant varier. Le col peut être plus ou moins évasé selon les besoins, par exemple on préfèrera une ouverture plus large pour la macération des rouges afin de pouvoir retirer le marc. La terre cuite reste la matière usuelle, mais le grès et la porcelaine gagnent du terrain, tous profitant d’une inertie thermique importante.

Enfin, les œufs, comme leur nom l’indique, sont des cuves ovoïdales, généralement en béton et parfois munies d’une porte inox. En ne possédant aucun angle, ils créent une sorte de vortex au sein duquel les lies sont constamment en circulation et en suspension. Cela se traduit par une vinification avec peu d’interventions et la révélation de la complexité aromatique grâce aux échanges entre ces lies et le vin. Gras et rondeur au rendez-vous lors de la dégustation.

Des anciens contenants revisités aux incontournables, les vinificateurs ont à leur disposition une pléiade d’équipements pour créer des vins à leur image.

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