Cépages

Au cœur des vins blancs du Portugal avec l’Alvarinho

Sur les régions côtières du Portugal et de l’Espagne, l’Alvarinho transmet son dynamisme et sa polyvalence à travers une large gamme de vins, allant des plus frais aux plus complexes et structurés. Mais son potentiel d’adaptation en fait un cépage prometteur pour les viticulteurs du monde entier.

Un cépage ancestral et versatile

Variété méditerranéenne par excellence, l’Alvarinho plonge ses racines à la fois dans la région du Minho, dans le nord-ouest du Portugal, et en Galice espagnole. Il y est cultivé depuis des siècles, bien que son origine exacte fasse encore débat parmi les experts de la filière. Alors que certains le pensent arrivé ici à l’époque romaine, d’autres estiment que son implantation serait liée aux commerçants et voyageurs du Moyen Âge.

Son nom serait un dérivé du mot « alvar » qui signifie « blanc » en portugais. Logique puisqu’il s’agit de la couleur de ses baies et des vins qu’il délivre. C’est un cépage sensible, qui exige des conditions de culture particulières pour donner le meilleur de lui-même. Il se complaît dans les climats frais et humides, et apprécie des sols bien drainés. On le croise d’ailleurs souvent dans des zones proches de la mer, aux influences maritimes et aux températures modérées. Les vignerons préfèrent le tailler de manière à limiter les rendements et favoriser la concentration de ses arômes. Bien que relativement vulnérable aux maladies, l’Alvarinho reste flexible et facilement adaptable à divers types de terroirs. Il mûrit assez tardivement, ce qui lui permet de conserver une belle acidité.

De Vinho Verde à Rías Baixas

Il s’épanouit également avec succès ailleurs, mais on l’associe majoritairement à la région viticole du Vinho Verde. Ici règle un climat océanique, avec des étés empreints de fraîcheur et des hivers doux. Les vignes puisent leur personnalité dans les argiles et les schistes. Résultat, des cuvées légères et pleines de vivacité. En assemblage ou en monocépage, l’Alvarinho y dévoile des parfums de fruits blancs et d’agrumes, ainsi qu’une subtile effervescence naturelle dans le cas des Vinho Verde pétillants.

Dans le Douro, plus connu pour les rouges puissants et les célèbres Porto, on élabore aussi des blancs de qualité faisant la part belle à l’Alvarinho. On le vinifie couramment en compagnie du Viosinho ou du Gouvejo, pour plus de structure et de complexité. Sa matière ample, elle, est attribuée aux températures chaleureuses. À Alentejo, il est certes moins répandu mais offre de la rondeur, un fruité mûr et des notes boisées lors d’un élevage en fûts de chêne. Enfin, l’une de ses appellations phares est Rías Baixas, en Galice. Humidité, fraîcheur, sables, granites, tout est réuni pour obtenir une expression pure de ce cépage. Ses vins font preuve d’une remarquable richesse aromatique, de gras et de profondeur, avec toujours cette acidité caractéristique qui équilibre l’ensemble et empêche toute lourdeur.

Lagoalva Branco, vivacité et harmonie

Bienvenue dans la Quinta da Lagoalva, une vaste propriété à Ribatejo, au nord de Lisbonne. On y cultivait déjà la vigne au XIXème siècle. Un savoir-faire transmis depuis de génération en génération, avec pour objectif de façonner des cuvées fidèles au terroir. Sur quelques 50 hectares de superficie, des cépages régionaux tels que l’Alvarinho, le Touriga Nacional, l’Alfrocheiro ou encore le Tinta Roriz prospèrent sur des sols sablonneux riches en alluvions.

De ce terrain propice, ils tirent Lagoalva Branco 2022. Les raisins sont récoltés de nuit et bénéficient d’une macération pré-fermentaire durant 2 jours. Les différentes variétés, soit l’Alvarinho, le Sauvignon Blanc, le Verdelho, le Fernão Pires et l’Arinto, sont vinifiées séparément avant l’assemblage. Derrière sa robe jaune pâle, des fragrances de citron et de fruits tropicaux se dégagent. De l’acidité, une fraîcheur magnifique et un bon équilibre.

Découvrez Lagoalva Branco 2022

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Fruité et résistance en Méditerranée avec le Caladoc !

Développé pour permettre aux vignobles de pallier aux évolutions climatiques, le Caladoc a su gagner en notoriété au fil des années. Ses notes fruitées s’expriment du sud de la France au Maroc dans des cuvées surprenantes qui ne manqueront pas de vous séduire.

Une variété résistante

Ce cépage a vu le jour en 1958 grâce à l’ampélographe Paul Truel. Il résulte d’un croisement entre le Grenache Noir et le Malbec. Le premier a été choisi pour sa productivité, sa résistance au stress hydrique et ses généreux arômes de fruits rouges, quand le second apporte ses tanins puissants, ses parfums de fruits noirs et d’épices, sa structure et son intensité.

S’il répond aux problématiques de l’époque qui étaient d’améliorer les capacités de défense des vignes face aux maladies comme la pourriture grise, et leur adaptabilité à des climats chaleureux, il peine dans un premier temps à s’imposer dans les vignobles français. Il est une variété nouvelle, et doit donc attendre plusieurs décennies pour prouver son potentiel. L’implantation croissante de la vigne dans des régions aux conditions extrêmes et le changement climatique lui ont profité, suscitant un regain d’intérêt pour ce type de profil.

Adaptée au pourtour méditerranéen

Il est particulièrement friand des terroirs méditerranéens pauvres en précipitations et aux sols bien drainés. Il a été créé pour supporter la sécheresse et atteint plus facilement une maturité optimale à des températures élevées. De plus, son feuillage dense protège les grappes du soleil et réduit les risques de brûlure. Les ceps s’épanouissent aussi bien sur des cailloux qui emmagasinent la chaleur durant la journée pour la restituer la nuit, que des argiles et calcaires favorisant la rétention d’eau, et donc l’obtention de baies concentrées.

Vous pouvez ainsi le retrouver dans le sud de la France. Le Languedoc-Roussillon est connu depuis longtemps pour son ouverture aux expérimentations viticoles. Logique, donc, que le Caladoc y produise des vins rouges et rosés en compagnie de la Syrah, du Grenache et du Carignan. La Provence l’utilise dans certaines de ses IGP, comme Méditerranée. Il y brille à travers des cuvées fruitées et rafraîchissantes. Et dans la Vallée du Rhône méridionale, il donne un coup de pouce aux rouges grâce à sa structure et son équilibre.

Il s’est également exporté dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen, bien qu’il y reste minoritaire. L’Espagne l’a adopté pour tester à la sécheresse. L’Italie, notamment le littoral, lui fait confiance pour délivrer des flacons confidentiels modernes et pleins de fruit. La Tunisie et le Maroc en tirent des vins accessibles qui révèlent le meilleur de leur climat chaud. À l’autre bout du monde, la Nouvelle-Calédonie le teste en tant que solution à ces terroirs insulaires singuliers.

Des vins aux styles variés

Dans le verre, le Caladoc est très polyvalent, qu’il soit vinifié en monocépage ou en assemblage. Côté rouge, il dévoile un bouquet riche en fruits rouges et noirs, de la cerise au cassis, en passant par la fraise et la mûre. Il n’est pas rare que quelques touches épicées et herbacées viennent compléter l’ensemble. Il possède une belle trame tannique et une acidité harmonieuse qui offre de la fraîcheur. La Syrah et le Merlot, pour ne citer qu’eux, se reposent sur sa couleur, son fruit généreux et sa structure. En rosé, ce sont sa fraîcheur et son fruité qui font mouche à tous les coups. La framboise rencontre la fraise et la groseille, ainsi que de ravissantes nuances florales. Ce sont des rosés d’été par excellence, légers, désaltérants et d’une superbe rondeur. Ses multiples facettes ne s’arrêtent pas là, puisque certains vignerons réalisent actuellement des essais de vins effervescents. Le Caladoc n’a pas fini de vous étonner…et éblouir.

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Le Merlot à travers le monde

De cépage rouge emblématique de Bordeaux à variété noble cultivée aux quatre coins de la planète, il n’y a qu’un pas que le Merlot a franchi avec brio. Un succès qu’il doit à sa capacité à s’adapter à divers terroirs mais aussi à sa souplesse et ses arômes fruités. Tour d’horizon.

Une histoire ancestrale

Il est né dans le bordelais, où il est mentionné dans certains écrits dès le XVIIIe siècle, bien que ses racines soient probablement plus anciennes. Son nom serait un dérivé de « merle », petit oiseau noir qui affectionne tout particulièrement ses baies sucrées. Il s’impose rapidement comme une variété incontournable de la région, notamment sur la rive droite, dans des appellations prestigieuses telles que Pomerol ou Saint-Émilion. Et au XXe siècle, son expansion au-delà des frontières françaises commence. Il touche tour à tout l’Italie, l’Espagne, la Suisse, avant de s’implanter dans le Nouveau Monde. Les États-Unis, l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Argentine, ou encore le Chili l’ont adopté sans hésiter. Les vignerons n’ont de cesse d’explorer son potentiel, en monocépage ou aux côtés d’autres variétés. Ils délivrent ainsi une large gamme de vins le mettant à l’honneur en fonction des terroirs et des méthodes de vinification.

Un florilège de saveurs en Europe…

Nul doute qu’il est aujourd’hui l’un des cépages les plus cultivés au monde. On apprécie sa polyvalence et son aisance à façonner aussi bien des vins accessibles que complexes. Ses tanins fondus séduisent la plupart des palais, d’où sa popularité fulgurante.

À Bordeaux, il est généralement assemblé à d’autres cépages emblématiques de cette région viticole, le Cabernet Sauvignon et le Cabernet Franc. Il apporte aux nectars produits sa souplesse, sa rondeur, et ses intenses arômes de fruits rouges. Chez leurs voisins transalpins, il se complaît particulièrement en Toscane et dans le Frioul, rivalisant sans rougir avec le Sangiovese. Il oscille entre notes de cerise, de prune et de chocolat, avec quelques touches épicées également et une texture soyeuse. Toutefois, il a tendance à gagner en puissance lorsqu’il est cultivé en Espagne. Sa trame tannique devient plus ferme et il développe de belles fragrances de fruits noirs. Partez plus à l’est, en Croatie, ou en Hongrie, et la fraîcheur domine. S’il peut varier en style, il conserve toujours sa texture soyeuse et sa richesse naturelle.

…et dans le Nouveau Monde

Le Merlot n’a pas fini sa formidable épopée ! Si vous avez la chance de le savourer lorsqu’il plonge ses racines dans les sols de la Napa Valley ou de la Sonoma Valley, en Californie, il se fait opulent et évoque les fruits noirs. Plus au nord, à Washington State, et il dévoile une acidité marquée et des tanins plus prononcés. De multiples facettes que l’on prend plaisir à découvrir au fil des dégustations. Au Chili, où il est une variété majeure, il impressionne par son intensité en fruit et ses notes herbacées caractéristiques. Côté Argentine, il côtoie le Malbec de Mendoza à la Patagonie. Sa matière est veloutée et sa palette aromatique exprime la prune et la cerise.

Vignoble d’Argentine

L’Australie aime l’associer au Cabernet Sauvignon ou le travailler seul. Dans la Hunter Valley ou à Margaret River, il se démarque dès les premières gorgées par sa concentration en fruits mûrs. Il y est souvent élevé en fûts de chêne, ce qui explique les touches de chocolat et de vanille qui viennent compléter le bouquet. Quant à la Nouvelle-Zélande, elle fait preuve d’équilibre et de fraîcheur dans ses vins de Merlot. La mûre rencontre le humus et les épices dans un ensemble d’une grande finesse. Enfin, l’Afrique du Sud lui offre des terroirs de prédilection dans les régions du Cap. Il y est alors charnu et fruité, avec de superbes notes de menthol ou d’eucalyptus. Êtes-vous prêts à faire voyager vos papilles ?

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La Syrah, structure et fruité du Rhône à l’Australie

Soyeuse, fruitée et épicée à souhait, la Syrah s’est fait une place de choix parmi les cépages les plus appréciés au monde. Explorez cette variété aux multiples facettes qui a imposé sa personnalité de la Vallée du Rhône à la Nouvelle-Zélande.

Une variété emblématique du Rhône…

Ce croisement de Mondeuse Blanche et Dureza est originaire de la Vallée du Rhône septentrionale. Plusieurs appellations prestigieuses telles que Saint-Joseph, Cornas, Côte-Rôtie, ou encore Crozes-Hermitage lui rendent hommage chaque jour. Elle s’est aussi développée un peu plus au sud, assemblée au Grenache et au Mourvèdre, et rentre notamment dans la composition des flacons de Châteauneuf-du-Pape.

Si la Syrah est restée très présente dans son berceau de naissance, elle a également connu un succès tonitruant au-delà de ses frontières à partir des années 1990. En France, vous la croiserez facilement dans le Languedoc-Roussillon, en monocépage ou aux côtés d’autres variétés. Les appellations Faugères et Minervois en sont particulièrement friandes. Toujours en Europe, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie l’associent à des cépages locaux pour façonner des cuvées modernes. Mais c’est en s’exportant bien plus loin qu’elle brille véritablement.

Châteauneuf-du-Pape

…devenue internationale

En Australie, elle est le cépage rouge le plus planté du pays et répond au nom de Shiraz. Elle s’épanouit dans la Barossa valley et McLaren Vale où se fait riche et puissante. En Hunter Valley et Yarra Valley, elle gagne en élégance et en fraîcheur. Et à Coonawarra, elle se démarque par la structure et la minéralité qu’elle tire des sols calcaires. Tout près d’ici, en Nouvelle-Zélande, elle sévit principalement à Hawke’s Bay et Waiheke Island. Elle oscille alors entre épices et fraîcheur naturelle. Aux États-Unis, la Californie l’a accueillie à bras ouverts. La Napa Valley et la Sonoma Valley rivalisent d’opulence, quand la Central Coast joue sur la diversité organoleptique. Elle fait preuve de plus de concentration à Washington State, avec toujours cette vivacité assumée.

En Afrique du Sud, elle renoue avec ses racines européennes en proposant des notes épicées et des tanins fermes, mais répond à Shiraz, à l’instar de l’Australie. Enfin, l’Argentine et le Chili l’ont adoptée de manière plus confidentielle. Elle impressionne par ses vins concentrés et fruités, surtout à Mendoza et dans la vallée de Colchagua.

Versatile à la vigne et au verre

Bien qu’elle s’adapte avec aisance à de nombreux terroirs, la Syrah a une appétence toute singulière pour les sols granitiques, calcaires et volcaniques. Côté climat, elle est très versatile. Les plus chaleureux la rendent riche et pleine de fruits mûr et d’épices, quand les plus frais offrent des expressions florales et structurées. Sa flexibilité ne l’empêche pas de souffrir parfois du stress hydrique ou d’être sensible aux vents violents et à certaines maladies comme l’oïdium ou la pourriture grise.

Lorsque les vignerons l’emmènent à maturité optimale, elle séduit à coup sûr les amateurs de vin. En rouge, elle se pare alors d’une robe profonde aux nuances grenat à violacé. Sa palette aromatique signe la rencontre d’un florilège de parfums. Des fruits noirs avec la mûre, la myrtille, ou le cassis ; des épices avec le poivre noir et le clou de girofle ; des fleurs avec la violette ; des notes animales avec le cuir et le gibier lorsqu’elle passe du temps en cave. Dans sa jeunesse, elle révèle des tanins soyeux, une belle acidité et beaucoup de fruit. Un peu de patience et elle dévoilera toute sa complexité, ainsi que des fragrances de truffe et de sous-bois. Sa polyvalence s’étend aux vins rosés, elle leur donne tout son fruité et sa structure. Êtes-vous prêts à déguster cet incontournable de la scène viticole ?

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Le trésor caché des Abruzzes : le Montepulciano

Le Montepulciano, cépage aux multiples facettes à ne pas confondre avec le vin et le village du même nom. De son expansion en Italie à son succès à l’international, devenez incollables sur cette variété généreuse à la trame tannique solide.

Une variété prolifique

Vous connaissez déjà les vins de Montepulciano venus de Toscane et issus du Sangiovese ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils n’ont rien à voir avec ce cépage qui sévit principalement dans les Abruzzes et le centre de l’Italie. Cette confusion est cependant enracinée depuis longtemps, notamment à cause d’écrits anciens manquant de précision. Son origine fait elle-aussi débattre. Alors que les premiers enregistrements de sa culture remontent au XVIIIe siècle, plusieurs ampélographes attribuent son implantation à l’Empire Romain.

Ce qui est certain, c’est que cela fait des siècles que le Montepulciano s’épanouit dans les régions centrales du pays. Les Abruzzes sont réputées pour être son terroir de prédilection, mais il se complaît également dans les Marches, le Molise et les Pouilles. Il a été rapidement adopté par les viticulteurs locaux grâce à ses rendements élevés et sa qualité de production. Il franchit une nouvelle étape en 1968 avec l’obtention de la DOC Montepulciano d’Abruzzo. Une reconnaissance qui lui permet de s’imposer parmi les grandes cuvées italiennes.

Au fil du temps, il gagne en équilibre et en structure, conséquence bénéfique de l’introduction de techniques de vinification modernes. Il passe de cépage rustique à raffiné et devient synonyme de potentiel de garde intéressant. Prolifique, il profite de cet essor pour délivrer à la fois des vins sur le fruit et des flacons complexes. Il compte aujourd’hui parmi les variétés rouges les plus plantées en Italie.

Voir aussi notre article « Cépage Barbera, le Merlot de l’Italie »

Vinifiée seule ou en assemblage

Le Montepulciano apprécie les sols argilo-calcaires avec une bonne exposition au soleil et une grande amplitude thermique entre le jour et la nuit. Des conditions idéales pour l’emmener lentement à maturité optimale et préserver son acidité tout en garantissant une concentration de ses arômes. On le retrouve généralement sur des collines aux altitudes modérées et ventilées qui garantissent un excellent état sanitaire.

Il atteint son potentiel maximal dans les Abruzzes où le climat continental est soumis à une double influence, les montagnes Apennines d’un côté et la mer Adriatique de l’autre. Dans Les Marches, les DOC Rosso Conero et Rosso Piceno lui font honneur. Le calcaire, l’argile et la côte adriatique lui offrent un profil distinct. Molise, moins célèbre mais tout aussi passionnante, donne des vins corsés et riches en DOC Biferno. Il est aussi présent, plus discrètement, dans les assemblages d’autres régions viticoles. Nous pouvons ainsi citer Les Pouilles, Latium, l’Ombrie où il apporte sa structure aux nectars de Torgiano Rosso, souvent en support du Sangiovese, et Basilicate dans l’Aglianico del Vulture.

Concentration aromatique et générosité

Lors de la dégustation, on le reconnaît à sa robe rubis intense, qui se teinte de reflets pourpres dans sa jeunesse. Quelques inspirations, et il évoque tout de suite les fruits rouges mûrs. La cerise noire rencontre la prune et la mûre. Continuez votre découverte et décelez des notes épicées de poivre noir, des touches de réglisses et des parfums terreux. Les plus patients qui le laisseront attendre un peu en cave pourront savourer des fragrances de cacao, de cuir et de tabac. La bouche est corsée mais reste toujours équilibrée et accessible en raison de son acidité marquée. Cette dernière, et ses tanins souples, lui confèrent une belle capacité de vieillissement. Cépage à l’identité forte, le Montepulciano est donc aussi à l’aise sur les grandes tables que dans les caves des connaisseurs.

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Le Chardonnay, quelles expressions à travers le monde ?

Depuis sa Bourgogne natale, le Chardonnay a parcouru beaucoup de chemin. Il est aujourd’hui l’un des cépages les plus cultivés et appréciés sur la scène internationale. Un succès que l’on attribue, entre autres, à sa polyvalence et sa capacité à délivrer des vins aux profils divers. Décryptage de cette variété emblématique.

Le roi de la Bourgogne

Son histoire est intrinsèquement liée à celle des grands vins bourguignons. Il est fait mention du Chardonnay pour la première fois au Moyen Âge, bien qu’il puisse être encore plus ancien. Il est un croisement naturel entre le Pinot Noir, autre roi de la Bourgogne, et le Gouais Blanc, probablement venu de Croatie et implanté par les romains. Son nom est un hommage au village éponyme dans sa région de naissance, il signifie « lieu planté de chardons » en vieux français.

Il s’est rapidement imposé en tant que cépage phare de la Bourgogne, tout particulièrement à Chablis et dans le Mâconnais. Et si pendant longtemps il reste dans l’hexagone, il traversera finalement les frontières pour aller s’épanouir aux quatre coins de la planète, notamment par le biais de la colonisation et grâce à l’expansion des routes commerciales. Sa popularité explose et on assiste à un engouement massif pour ses vins blancs de qualité, souvent opulents, boisés, aux notes de beurres et fruits tropicaux dans le Nouveau-Monde. Les techniques de vinification modernes permettent ensuite de modérer l’influence du bois pour offrir une diversité de styles, apporter de la fraîcheur et de la minéralité. Des États-Unis à l’Australie, découvrez comment il révèle son potentiel en fonction des terroirs qui l’accueillent.

Un éventail d’expressions

De manière générale il est très versatile mais apprécie tout de même considérablement certains terroirs. Les calcaires et marnes sont des alliés de taille. Il y puise minéralité, vivacité, senteurs de citron et de pomme verte. Même constat pour les climats frais à tempérés, ainsi que de hautes altitudes, des températures trop fortes pouvant effacer sa subtilité naturelle.

Ses multiples facettes en ont fait un acteur clé de la production de vin blanc. En effet, il est cultivé sur presque tous les continents viticoles :

  • États-Unis : il est le cépage blanc le plus présent en Californie. La Sonoma et la Napa Valley, ainsi que la Central Coast, sont réputées pour leurs chardonnays riches et boisés. L’Oregon et Washington misent plutôt sur la tension et profitent d’une influence maritime.
  • Nouvelle-Zélande : Marlborough, surtout connue pour ses vins de Sauvignon Blanc, est aussi une terre de Chardonnay. Il y est frais et dominé par des parfums d’ananas et d’agrumes. Central Otago est, quant à elle, régie par une superbe trame acide et des fragrances de fruits à noyau.
  • Chili : Casablanca et Leyda Valley bénéficient du courant froid de Humboldt, sur le littoral. Résultat, des vins vifs et minéraux délicatement citronnés, avec juste ce qu’il faut de fruits tropicaux.
  • Argentine : À Mendoza, on cultive le Chardonnay en hauteur. Une altitude élevée responsable de l’acidité très présente en bouche. La pomme rencontre la poire et les agrumes, le tout soutenu par des touches boisées.
  • Afrique du Sud : Stellenbosch et la plus fraîche Walker Bay partagent un florilège de saveurs. Du citron, des fruits tropicaux et de la tension dès les premières gorgées.
  • Australie : Yarra Valley et les régions côtières comme Margaret River sont dédiées aux flacons équilibrés et structurés, avec une acidité marquée et de jolis arômes de fruits tropicaux. Adelaide Hills et la Tasmanie, au climat moins chaleureux, jouent sur la subtilité et la minéralité.

Sans oublier l’Espagne, l’Italie, le Maroc, ou encore le Liban, aux volumes plus confidentielles mais qui lui font honneur avec justesse.

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Le Monastrell, de l’Espagne à l’Australie

Que vous l’appeliez Monastrell, Mourvèdre ou Mataro, connaissez-vous véritablement ce cépage rouge ancien implanté de l’Espagne à l’Australie ? Place à un voyage gustatif qui débute sur le littoral méditerranéen…

Un cépage explorateur

Ses origines remontent à l’Antiquité, ce qui les rend difficiles à définir avec précision. Toutefois, les historiens s’accordent à dire qu’il viendrait d’Espagne, et plus précisément de Murcie et d’Alicante. Il se complaît parfaitement sur ces terres chaleureuses qui l’ont aidé à développer une belle résistance aux climats arides. Son nom serait un dérivé de l’espagnol « monasterio » qui signifie monastère. On l’explique par son utilisation par les moines au cours du Moyen Âge, période à laquelle les ecclésiastiques ont largement contribué à l’expansion de la viticulture. Il est ensuite arrivé en France, par le biais des colons espagnols ou des marchands. Il est alors renommé Mourvèdre et trouve son terroir de prédilection à Bandol, en Provence. Les embruns de la Méditerranée et les sols drainants lui permettent de révéler tout son potentiel.

Mais sa formidable aventure ne s’arrêtera pas là. Il conquiert tour à tour la Vallée du Rhône et le Languedoc-Roussillon où il agit en tant que cépage secondaire dans les assemblages, en compagnie notamment du Grenache et de la Syrah. Plus encore, il traverse les océans pour aller s’épanouir dans le Nouveau Monde. La Californie l’accueille à bras ouverts et il y prend le nom de Mataro. Même constat en Australie où il signe un parcours incroyable, s’adaptant de mieux en mieux aux régions chaudes de la Barossa Valley et McLaren Vale.

Renaissance internationale

A l’image de nombreuses autres variétés, il a été touché de plein fouet par la crise du phylloxéra. Sa superficie décline et les vignerons lui préfèrent des cépages plus faciles à conduire. Cependant, la seconde moitié du XXe siècle lui sera favorable grâce à un regain d’intérêt pour l’authenticité méditerranéenne. Il retrouve sa place sur la scène internationale en brillant dans des flacons concentrés aux notes de fruits noirs, d’épices et de garrigue.

Il appartient à la catégorie des cépages tardifs et a besoin de beaucoup de chaleur et de soleil pour parvenir à maturité optimale. Résistant à la sécheresse, on le reconnaît à ses grappes petites et compactes garnies de baies à la peau épaisse. Leur peau riche en tanins est en grande partie responsable des cuvées profondes et structurées qu’il délivre. Entre acidité marquée, superbe trame tannique et palette aromatique complexe, il séduit sur tous les territoires.

De multiples facettes

Dans le sud-est de l’Espagne, ses raisins gorgés de soleil produisent des rouges intenses aux tanins bien présents et à la concentration aromatique importante. Le bouquet est dominé par les fruits noirs, parmi lesquels la prune et la mûre, les épices, et parfois une touche de réglisse. Leur structure leur confère une bonne aptitude au vieillissement. En Californie, surtout à Paso Robles et dans la Central Coast, il se fait plutôt souple et accessible. La cerise noire rencontre la framboise, le poivre noir, la cannelle, et de délicats parfums floraux. Ils sont plus légers que leurs homologues européens et se distinguent par leur fraîcheur.

En Australie où on l’assemble, comme dans le Rhône, au Grenache et à la Syrah, il est généreux et chaleureux. Ses tanins fondus viennent soutenir de délicieuses fragrances de fruits rouges mûrs et noirs. Le nez peut également être ponctué de notes épicées et herbacées. L’Afrique du Sud et l’Italie le cultivent plus confidentiellement mais leurs vins valent tout de même le détour. Au programme, des épices, un fruité magnifique et une structure tannique intéressante.

Le Monastrell est une variété à l’histoire complexe, marquée par ses périples et son adaptation à divers climats et terroirs.

Découvrez nos vins issus du Monastrell

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Des vins frais aux plus complexes : la polyvalence du Pinot Grigrio

Le Pinot Grigio, aussi connu sous le nom de Pinot Gris, est un cépage aux multiples facettes qui occupe une place de choix sur la scène viticole internationale. Originaire de Bourgogne, il a su conquérir de nombreux pays à travers le monde et y délivre des cuvées aux profils éclectiques.

De la Bourgogne à l’Italie

Cette mutation du Pinot Noir a vu le jour dans le vignoble bourguignon avant de s’implanter à travers l’Europe dès le Moyen-Âge par le biais des moines cisterciens. Ce sont eux qui l’ont fait voyager en Suisse et dans le nord de l’Italie. En France, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, il n’est pas l’apanage de la Bourgogne mais de l’Alsace. Quant à nos voisins transalpins, ils en ont fait une variété phare de la Vénétie et du Frioul dont les nectars ont atteint une belle popularité par leur fraîcheur et leur simplicité. Le Nouveau Monde l’a aussi accueilli à bras ouverts. Il s’épanouit aux États-Unis, en Californie et dans l’Oregon plus précisément, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Chaque région lui confère des caractéristiques distinctes que nous allons découvrir ensemble.

Un cépage adapté à divers terroirs

Il s’épanouit sous plusieurs terroirs, appréciant tout particulièrement les sols bien drainés et les climats tempérés. Ainsi, les sols calcaires de l’Alsace sont idéaux. Ils permettent une bonne gestion hydrique et offrent aux vins minéralité et acidité équilibrée. Les graves et cailloux de l’Italie poussent les vignes à plonger leurs racines en profondeur pour y puiser les nutriments nécessaires. Résultat, de la minéralité ici encore, et une légèreté extrêmement agréable. Idem pour les sols volcaniques de l’Oregon, qui sont aussi synonymes de complexité.

Côté climat, on le retrouve généralement sous trois influences. Un climat tempéré entre étés chaleureux sans trop d’excès et hivers froids mais pas rigoureux. Les raisins y mûrissent lentement et conservent une jolie acidité. Un climat continental plus rude tout au long de l’année, richesse et vivacité intéressante au rendez-vous. Un climat maritime modéré par l’Adriatique. Sa douceur favorise l’élaboration de vins frais et fruités. On reconnaît le Pinot Grigio à ses petites grappes aux baies teintées de rose. Vigoureux par sa peau épaisse mais moins productif que son parent le Pinot Noir, il résiste bien aux gelées de printemps. Parmi ses faiblesses, on peut citer sa sensibilité à la flavescence dorée et à l’oïdium. Il est cependant capable de résister au mildiou et à la pourriture grise.

Une acidité marquée

C’est notamment grâce à sa capacité à produire des flacons légers et rafraîchissants, mais également riches et complexes, qu’il a séduit les amateurs de vin aux quatre coins de la planète. Mais il a bien plus d’une corde à son arc. En version légère et délicate, il évoque le citron, la pomme verte, la poire et les fleurs blanches. Son acidité est vive et rafraîchissante, et sa finale souvent croquante. Plus structuré, il signe la rencontre de la pêche, l’abricot, la poire, le miel, les épices, la noix, et même quelques notes fumées. Sa palette aromatique est vaste, son corps imposant et son acidité modérée.

Voilà pour les blancs secs. Il donne aussi des vins doux jouant sur les fruits tropicaux, le miel et les épices douces. Sa sucrosité naturelle est équilibrée par son acidité marquée, et la dégustation se termine généralement sur une finale persistante. Des effervescents également, dominés par les agrumes, la pomme, la poire et les fleurs. Un cordon de bulles subtil, une superbe vivacité et une fin de bouche toute en fraîcheur. Enfin, il peut servir à façonner des vins orange. Fruits secs, épices et touche oxydative au nez pour ces flacons aux tanins légers mais perceptibles d’une incroyable richesse aromatique. Il est désormais temps pour vous d’explorer cette variété emblématique.

Découvrez nos vins issus du Pinot Grigio

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Le Furmint, complexité et fraîcheur en Hongrie

Rares sont les cépages indissociables d’un grand vin comme le Furmint avec le Tokaj. Mais cette variété hongroise très ancienne fait aussi des merveilles dans d’autres contrées. Partez à sa rencontre avec Vinho Sélection.

De la Hongrie à l’Afrique du Sud

Les débats vont bon train quant à sa naissance mais il serait venu d’abord d’Italie, avant d’arriver en Hongrie au XIIIe siècle. Il faudra attendre le début du XIXe siècle, et la crise phylloxérique, pour qu’il traverse à nouveau les frontières et se rendre en France. Ne soyez donc pas surpris de le croiser de manière anecdotique dans le Languedoc-Roussillon ou en Provence. Son nom viendrait d’ailleurs du vieux français « forment » et fait référence à sa couleur qui rappelle celle du froment.

En dehors de son berceau d’origine, il a réussi à s’implanter avec succès en Europe centrale, notamment dans le bassin des Carpates, soit en Slovénie et en Croatie. La Slovaquie, la Roumanie, l’Autriche et la Moldavie lui permettent également de s’épanouir. Fort de ces expériences bénéfiques, il a entrepris d’autres voyages, se rendant dans des pays phares du Nouveau Monde tels que l’Argentine et l’Afrique du Sud.

Le roi du Tokaj

Cependant, il n’est jamais aussi enthousiasmant qu’en Hongrie où il occupe la troisième place de l’encépagement blanc, et la première dans le Tokaj. Surnommé le roi des vins, ce liquoreux d’exception tire sa personnalité unique du Furmint. Il lui doit par exemple sa fraîcheur et sa minéralité caractéristiques. Cela ne l’empêche pas de laisser d’autres variétés briller à ses côtés dans les assemblages. On peut ainsi citer le Sárgamuskotály (ou Muscat blanc à petits grains), le Zéta, le Kövérszőlő et le Kabar.

Vous souhaitez en savoir plus sur le Tokaj ? Rendez-vous sur notre article Tokaj, le roi des vins venu de Hongrie. De son terroir remarquable aux flacons rares qu’il délivre, il n’aura plus aucun secret pour vous.

Finesse et richesse aromatique

Retour au Furmint, que l’on reconnaît à ses grappes compactes et cylindriques lorsque l’on parcourt le vignoble. Elles peuvent même être ailées à de rares occasions. Les baies sont légèrement arrondies et protégées de la plupart des maladies par une épaisse peau. La couleur de cette dernière varie du blanc aux reflets verts à un roux plus chatoyant selon le niveau de maturité du fruit. Il apprécie les sols légers et se développe particulièrement bien sous l’influence d’un climat chaleureux pauvre en précipitations. Plutôt robuste, il craint tout de même la pourriture grise et l’érinose, et doit être taillé court pour atteindre son potentiel.

Côté dégustation, impossible de ne pas mentionner une fois de plus le célèbre Tokaj. Ce cru légendaire est issu de Furmint botrytisé. Le champignon microscopique, que se complaît aussi à Sauternes, vient assécher les raisins et concentrer les arômes. Résultat, une explosion de fragrances diverses, allant de l’abricot à la cannelle, en passant par la marmelade d’orange, le tabac, la noix, la pâte d’amande, ou encore la cardamone. On le vinifie également en blancs secs. Dans ce cas, il donne des flacons très parfumés qui se démarquent par leur finesse naturelle et leur richesse en alcool. Car l’un de ses points forts reste sans nul doute la complexité de son bouquet, et ce quel que soit le style de vin produit. Des notes de chocolat rencontrent des touches épicées, de la poire, du fumé, des zestes de citron vert, de l’orange sanguine, ou du thé. De manière générale, on le compare au Chardonnay pour sa structure, au Chenin Blanc pour son fruité intense et au Riesling pour sa vivacité et sa minéralité. Un cépage complet, donc, qu’il ne vous reste plus qu’à savourer.

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De la Loire à l’Afrique du Sud, les nuances de Chenin

Parmi les cépages incontournables capables de briller autant localement qu’à l’étranger, difficile de ne pas mentionner le Chenin. Polyvalent, il est capable de s’adapter à différents terroirs et climats, ce qui explique son épanouissement jusqu’en Afrique du Sud. Préparez vos papilles à un formidable voyage gustatif !

Une vivacité internationale

Il trouve ses racines dans la Vallée de la Loire dont il apprécie le climat frais. Ici, on l’utilise pour façonner des styles divers et variés de vins blancs secs et doux, et ce depuis très longtemps. En effet, il aurait été cultivé par les moines de l’abbaye de Saint-Maur dès le VIe siècle et son nom serait un hommage au mont Chenin, en Touraine. Une origine qui explique l’un de ses surnoms : Pineau de la Loire.

Il a réussi à s’exporter avec brio, allant notamment s’installer dans les vignobles d’Afrique du Sud où on l’appelle Steen. Malgré un environnement plus chaleureux, sa grande force est de conserver son acidité caractéristique. On l’y travaille généralement avec plus de chêne, développant des arômes de boisé plus marqués. Ne soyez pas surpris de le retrouver en Australie également. Seul ou en assemblage, car il est très courant de le voir associé au Chardonnay, autre variété internationale extrêmement connue. Et le périple peut encore continuer en Argentine, aux États-Unis, ou en Nouvelle-Zélande.

La douceur du botrytis

Son plus grand avantage aux yeux des vignerons est certainement son habilité à prendre le goût de son terroir. Cependant, il est exigeant et demande énormément d’attention. Ses baies, que l’on reconnaît dans le vignoble à leur teinte jaune qui se couvre de petits points à maturité, ont une pellicule épaisse. La nature est bien faite et cette dernière représente un rempart essentiel contre les gelées printanières auquel il est sensible à cause de ses bourgeons qui apparaissent tôt dans l’année. La pourriture grise est à craindre aussi, à l’instar du Riesling, du Pinot Gris et du Sémillon.

Plutôt vigoureux et synonyme de rendements raisonnables, il possède donc plusieurs faiblesses. Le ver de la grappe, l’oïdium, l’érinose et les maladies du bois sont des ennemis à surveiller de près, alors qu’il est capable de prouver une bonne résistance face au mildiou, au black rot et à l’anthracnose. Il est un formidable terrain de jeu pour le botrytis cinerea ou pourriture noble. Ce champignon microscopique flétrit les raisins qui se gorgent de sucres naturels. C’est grâce à lui qu’existent de grands vins doux issus du Chenin, surtout lors de vendanges tardives. Les jus sucrés qui en découlent se distinguent par une superbe acidité responsable de leur fraîcheur et de leur potentiel de garde. Le choix des sols est crucial lui-aussi. Ce cépage aime les terres pauvres, bien drainées et peu profondes composées de calcaire, tuffeau, ou schiste.

Fraîcheur et intensité aromatique

Mais qu’en est-il de la dégustation ? Dans l’ensemble, le Chenin produit des vins légèrement charpentés avec beaucoup d’acidité. Le bois est manié avec parcimonie afin de préserver cette vivacité inhérente et il est riche en arômes fruits verts et tropicaux parmi lesquels le citron, la pomme et l’ananas. Lorsqu’il donne des blancs secs, on le remarque à sa robe pâle aux reflets verts, plus dorée lors d’un élevage sous bois. En plus des parfums déjà mentionnés, il évoque le coing, le tilleul, l’acacia, les épices douces, le miel et la vanille. Sa matière peut être fluide ou tendre selon les processus de vinification, sa nervosité et sa structure lui offrent une aptitude à la garde très intéressante. Même constat pour les effervescents qui profitent de son acidité marquée et ses notes de fruits secs et d’agrumes, avec toutefois plus de rondeur que les illustres champagnes.

Récolté en surmaturité, il propose des blancs doux aux nuances dorées qui deviennent ambrées avec les années. Sa complexité aromatique signe la rencontre des fruits confits, de l’abricot, des écorces d’agrumes et de la rondeur. Une richesse fruitée doublée d’une grande fraîcheur qui allège la sensation de sucre montre un bel équilibre entre onctuosité et vivacité.

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